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Catégorie : Concerts

Dans le cadre de l'intégrale pour piano seul de Satie, à l'Auditorium du Musée d'Orsay, et au cours des trois premiers concerts, on a entendu les tubes mais aussi des œuvres moins jouées, moins connues, des pièces plus attachantes et d'autres ennuyeuses. Il existe diverses manières d'interprétation de cette musique : avec une certaine ironie, avec légèreté ou avec beaucoup de sérieux, peut-être trop, ou encore avec un certain romantisme mal venu.

Ces concerts étaient intéressants quant à l'approche si différente qu'on peut avoir des œuvres. Celui de Nima Sarkechik, qui a fait l'ouverture, était parfait : entre chaque œuvre il racontait ce qu'avait annoté Satie pour jouer ses partitions. Il y a de quoi être perdu, et il en ressort qu'une certaine liberté est laissée à l'interprète. Sarkechik fait montre d'une certaine décontraction, d'une habilité, d'une variété de ton pour jouer les œuvres ; ce qui donnait à son récital un éclat particulier et jubilatoire. Tout le contraire avec Vanessa Wagner : on était à une sorte de grand messe. Il ne fallait pas applaudir, il fallait écouter religieusement. Aussi les Gnossiennes et les Nocturnes en devenaient-ils d'un ennui mortel, et la Gymnopédie n°1 une œuvre romantique... Il ne fallait pas avoir écouté l'intégrale d'Aldo Ciccolini avant le concert ! Avec Guillaume Vincent, changement de ton. Il interprétait Satie pour la première fois, c'était une découverte pour lui. D'où une certaine fraîcheur, par son touché et la curiosité à découvrir des œuvres peu connues - « Musiques intimes et secrètes », « Verset laïque et somptueux » … Dans la manière de caresser le clavier, il apportait une sensualité mutine fort plaisante. Il termina son concert avec une Passacaille de toute beauté. Voilà un jeune pianiste d'à peine 25 ans à suivre. Avec ce début prometteur de l'intégrale on n'a qu'une hâte c'est d'entendre la suite.

 

Suivront en effet, au mois de mars, Anne Queffélec et Gaspard Dehaene en duo (le 8 à 12h30), David Kadouch (le 15 à 12h30), Pascal Rogé (le 29 à 12h30), et enfin un petit opéra, « Mémoires d'un Amnésique », écrit et réalisé par Agathe Mélinand sur des musiques et des mots du compositeur (le 7 avril à 20h30 et le 3 à 16h) .