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Catégorie : Concerts

Il est toujours intéressant d'entendre un chef bien connu du public parisien, Paavo Järvi, directeur musical de l'Orchestre de Paris, à la tête d'une autre phalange. Ce soir, The Deutsche Kammerphilharmonie Bremen. Une comparaison inévitable qui tourna bien vite en faveur de l'orchestre parisien tant la sonorité de la formation allemande nous parut lourde et pataude.

Une déception  heureusement compensée par une superbe prestation de la violoniste néerlandaise, Janine Jansen. Un programme là encore d'un classicisme désolant et répétitif, le Concerto pour violon de Beethoven et la Symphonie n° 1 de Brahms, tout un voyage qui nous conduisit rapidement des clartés célestes violonistiques aux sombres et pesantes brumes du Nord. Si, d'après le dicton « Bach est un dieu, Mozart un ange et Beethoven un homme » on peut être assuré que la violoniste Janine Jansen a fait sien cet adage tant son interprétation du concerto du maître de Bonn fut empreinte d'une admirable et troublante humanité, usant tour à tour d'une rude animalité ou à l'inverse d'une suprême douceur dans sa façon d'attaquer le violon. Un véritable enchantement, magnifié par la complicité ancienne existant entre le chef estonien et la violoniste batave, mais un envoûtement qui ne résistera pas à la pause… En deuxième partie, la Symphonie n° 1 de Brahms, menée, il est vrai avec allant, dynamisme et enthousiasme qui ne parviendront toutefois pas à masquer les insuffisances notoires de cette formation à la sonorité mate et rustique, sans couleur, avec une insuffisance criante des pupitres de vents, petite harmonie notamment, faisant dire à certaines mauvaises langues que les forêts allemandes semblaient, ce soir, singulièrement déboisées….