Il est bien plaisant, ce concerto qui nous raconte une belle histoire, celle de ce prince slave qui se réveilla un beau matin au son de la flûte. La flûte ? Ou plutôt de charmants oiseaux qui s’égosillent sur de jolis accords suspendus du piano. Le voici maintenant qui va, au galop de son cheval, respirer le parfum de la forêt. Après cette partie plus agitée, le prince regarde « son beau royaume illuminé par le soleil ». C’est donc une partie plus contemplative qui s’ouvre. Mais ce qui devait arriver arriva : le Prince invita une belle jeune fille à danser. « Et tout le monde dansa le Kolo avec le Prince ». Que dire sinon que les interprètes devraient prendre beaucoup de plaisir à interpréter cette pièce pleine de charme et de fraicheur, mais qui mettra cependant à l’épreuve tant leurs qualités d’expression que leur virtuosité.
Daniel Blackstone

Le titre de la pièce en dit bien le caractère. Avec parfois des accents fauréens, nous sommes embarqués dans une sorte de sicilienne lyrique et tendre coupée, vers la fin, d’accents plus impératifs pour terminer par un pianissimo minimaliste et transparent. L’ensemble est extrêmement agréable et écrit avec autant de science que de goût. L’opale est bien rendue par la délicatesse et la transparence de l’écriture. Les deux interprètes devraient trouver beaucoup de plaisir à jouer cette œuvre qui n’est mineure que par la taille et y rencontrer beaucoup de succès.
Daniel Blackstone

Ce petit recueil pour débutants contient onze mélodies dites « enfantines » mais qui ne le sont pas tant que ça ! On retrouvera avec délices La chèvre en parlement ou, moins connue, Si vous savez bien danser (bourrée provençale et, bien sûr, Gentil coquelicot… On appréciera l’accompagnement réalisé par Olivier Geoffroy de ces différentes chansons : le compositeur a parfaitement saisi l’esprit et le caractère de chacune en réalisant de petits bijoux de simplicité et de bon goût. De plus, ces accompagnements sont techniquement faciles et pourront être joués par des élèves, d’où une véritable initiation à la musique de chambre.
Daniel Blackstone

Cette troisième pièce, à quatre temps, est un Adagio non troppo. A l’aise, donc. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la virtuosité est aussi au rendez-vous. Thème, développement et reprise du thème, si la construction est classique, le discours mélodique et harmonique l’est beaucoup moins, et on goûtera toute la finesse de l’harmonie et du discours mélodique dont la subtilité n’altère en rien le charme. Ces deux pièces méritent donc vraiment d’être sorties de l’oubli.
Daniel Blackstone

Emile Pessard (1843-1917) fait partie de ces compositeurs oubliés malgré un Grand Prix de Rome pour une cantate qui sera jouée à l’opéra de paris le 21 février 1867. Il a écrit une douzaine d’opéras et d’opérettes ainsi que de la musique de chambre. Sa science de l’écriture (il fut professeur d’harmonie au Conservatoire) se dévoile dans cette première pièce. Adagio, elle déroule, à 6/8, une jolie mélodie ornée d’arabesques mais les modulations se font de plus en plus nombreuses et délicates. Une partie centrale, più mosso, est laissée au piano qui, tenant plutôt un rôle d’accompagnateur dans la première partie devient un partenaire à part entière dans la dernière partie même si la flûte garde l’essentiel du discours. C’est en tout cas une partition et un compositeur à découvrir.
Daniel Blackstone

Mais oui, on peut faire des micro-intervalles volontairement à la flûte à bec ! Sortie de la catastrophique image donnée par sa pratique en milieu scolaire, la flûte à bec est un bel instrument avec lequel non seulement on peut jouer juste mais par lequel aussi on peut affiner son oreille et avois accès à des intervalles chers à la musique d’aujourd’hui. N’imaginons pas non plus qu’il s’agit d’exercices : Max Méreaux compose de la musique, tout simplement. A travers ces courtes pièces, il nous décrit les trois « types » récurrents du répertoire classique du Guignol lyonnais : Guignol, Gnafron et Madelon. Les micro-intervalles concourent ici à accentuer le caractère de chaque personnage et à l’expressivité du discours. Notons que l’auteur fournit une tablature proposée pour l’exécution des micro-intervalles utilisés. Redisons encore que ce moyen est utilisé pour faire de la vraie et bonne musique.

« Ready to play », tel est le titre de cette collection tout à fait intéressante. Les dix-neuf petits duos qui nous sont proposés ici appartiennent tous au XIX° siècle. Beethoven, Schubert, Schumann, Mendelssohn, Chopin, Verdi et quelques autres y prennent place à travers certaines de leurs œuvres emblématiques. Les arrangements sont bien faits et respectent, en général l’harmonie originale pour autant que c’est possible. Au professeur de compléter ce travail par l’écoute – indispensable – des œuvres originales. Mais on ne peut que louer ce type de travail qui permet justement, une fois qu’on a travaillé les arrangements, de mieux écouter et pénétrer les œuvres originales. C’est un travail sérieux et fait avec goût.

Commençons par le conseil avisé de l’auteur : « Il y a parfois des paroles écrites sous les parties de flûte et de piano. Qu’en faire ? Ce que l’on veut ! Les dire, les chanter, les faire dire, les écrire sur un tableau, les ignorer… ». Ce qui ne signifie pas qu’on peut faire n’importe quoi ! Mais veut dire que cette pièce peut être à l’origine de bien des réalisations, depuis l’exécution simple jusqu’à une mise en scène avec costumes… Cette histoire de fées est bien sympathique et amusante, en même temps qu’intéressante musicalement, mais avec Claude-Henry Joubert, cela va sans dire. On reconnaîtra au passage quelques thèmes connus, notamment celui du hibou Zarastrou… La fée Crabos est inquiétante à souhait. Quant à la fin de l’histoire, « la fin ne vous regarde pas ! ».

oici un oiseau bien virevoltant et qui donnera un peu de fil à retordre à son interprète. Un rythme très caractéristique est soutenu par le piano qui joue ici un rôle de support de la carrure tout à fait indispensable tandis que l’oiseau-lyre donne libre cours à ses envolées… lyriques. L’ensemble est écrit dans un langage aussi aérien que poétique et vous emporte dans des rêves éthérés. Bref, il y a beaucoup de poésie et de charme dans cette pièce difficile mais très attachante.

Editée d’après les sources par Jochen Reutter.  Notes sur l’interprétation, de Susanne Schrage.
Les quelques corrections utiles ont été établies d’après la comparaison entre les deux seules sources.
Dans ce genre d’édition (trilingue, comme de coutume chez Schott), ce n’est pas l’œuvre que nous découvrons, mais ce qui en est dit dans la préface et dans les « notes sur l’interprétation ».
La préface nous renseigne sur les « secrets de fabrication » de la Musique de Table, éditée en 1733, grâce à une souscription, (comme bien souvent à l’époque). Haendel fut d’ailleurs l’un des souscripteurs.


Les trois Productions qui constituent Tafelmusik contiennent trois ensembles de « base » entre lesquelles s’intercalent trois pièces, dont cette sonate, ce Solo. Par Solo, il faut entendre pièce pour un instrument accompagné d’une basse-continue (fondamento) selon la terminologie de Telemann). Le plan de cette sonate suit celui de la sonate d’église