Camille Saint-Saëns : Oratorio de Noël op. 12 pour cinq solistes, chœur, harpe, cordes et orgue obligé, Bärenreiter « Urtext », BA11304-90, BA11304 (réduction piano)

 

Édité par Christina M. Stahl dans la Collection « Musica Gallica » 2021

L’oratorio de Noël est l’œuvre d’un jeune homme de 23 ans, sa première œuvre achevée dans le genre oratorio. L’œuvre a depuis longtemps la faveur des chœurs qui inscrivent fréquemment à leur programme son dernier numéro Tollite Hostias comme pièce indépendante. Conçu sous l’inspiration de la deuxième partie de l’oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach, l’œuvre est écrite pour orgue, harpe, orchestre à cordes, quintette de solistes et chœur. On est frappé par l’énergie de certaines pièces comme le chœur Quare fremuerunt gentes dont l’écriture des cordes n’est pas sans évoquer le confutatis du requiem de Mozart. Cet oratorio mérite amplement l’engouement qu’il a suscité depuis sa création le 24 décembre 1858 en l’église de la Madeleine dont le compositeur tenait les orgues depuis le début de l’année.
Il s’agit de la fameuse série Bärenreiter Urtext dans la collection « Musica Gallica », rassemblant des œuvres du patrimoine musical de France dans une édition critique d’une qualité absolument remarquable. C’est une constante dans cette collection, le conducteur est d’une lisibilité irréprochable, la mise en page, optimale, est d’une grande clarté. Ce conducteur grand format se prête donc autant à l’étude qu’à la direction en répétition et en concert. Mais c’est la qualité de l’édition critique qui force l’admiration et il faut saluer ici le travail de Christina M. Stahl qui propose un appareil critique d’une grande richesse. L’avant-propos historique et musicologique est passionnant et il s’enrichit encore de notes sur la tradition d’interprétation, le tout en Allemand, Anglais et Français. Un précis très éclairant sur la prononciation Gallicane du texte Latin, en usage au moment de la composition, ainsi qu’une prononciation phonétique et une traduction complète font de cette édition un précieux outil pour les interprètes ou les étudiants. En fin de volume, le commentaire critique (hélas uniquement en anglais) est l’un des plus complets qui soient et les références argumentées aux diverses sources et variantes dénotent un travail en profondeur d’une grande rigueur. C’est un privilège de découvrir ou redécouvrir ce bel Oratorio dans une édition d’une telle qualité et d’une telle richesse. La réduction chant/piano est tout aussi remarquable et notons que cette édition très complète propose également la partition vocale ainsi que le matériel d’orchestre.
Jean-Michel DESPIN
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