Arnold SCHÖNBERG : Sechs kleine Klavierstücke opus 19, pour piano. Universal Edition : UE 37 224.

1. Leicht, zart (léger, délicat)
2. Langsam (lent)
3. Sehr langsam (très lent)
4. Rasch, aber leicht (rapide mais léger)
5. Etwas rasch (assez rapide)
6. Sehr langsam (très lent)

Datées de 1911 (un an avant Le Pierrot lunaire), créées en 1912 à Berlin par Louis Closson, ces six pièces extrêmement courtes, répondent par leur forme dépouillée et leur caractère intimiste, au travail de Schönberg sur la « petite forme ». (On rappellera ici les oeuvres de Webern (opus 5…, 11) qui correspondent à une recherche similaire). En 1909, le compositeur écrit à F. Busoni : « ma musique doit être courte. Maigre ! En deux notes, non pas bâtie, mais « exprimée ». Et le résultat est, je l’espère, sans sentimentalité stylisée et interminablement stérile. C’est ainsi qu’un homme ressent ». Cette miniature intense et subtile dégage lyrisme, drame, poésie, éléments propres à émouvoir, sans pourtant aucun concept de tonalité, ni de mélodie.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Martin STATFELD : Händel Variations. Transcriptions pour piano solo. Schott : ED23283.

Ne nous y trompons pas, plus que des transcriptions, ce sont des réécritures que le compositeur nous propose ici : il ne s’agit pas de variations de Haendel mais de variations sur des thèmes de Haendel. Haendel lui sert de support pour réexprimer dans son propre langage la « substantifique moëlle » des oeuvres transcrites. Quand nous disons « son langage », nous voulons dire un langage qui se situe entre Bach, Beethoven et bien entendu Händel. L’auteur s’en explique dans une longue préface où il précise et justifie ses choix. Il s’agit donc d’une réécriture à la fois fidèle à un certain esprit et en même temps originale. Le tout n’est évidemment pas facile : il s’agit en fait de pièces de concert.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Servane MORDACQ : Hilltop pour piano. Élémentaire. Lafitan : P.L.3417.

Voici une agréable colline que les élèves se feront certainement un plaisir de gravir. Larges arpèges et octaves risquent de leur rendre l’ascension moins aisée, surtout pour les petites mains. Mais cela fait partie du jeu. Lorsque la main gauche n’est pas arpégée, elle se déploie en pompes qui soutiennent toujours la mélodie. Celle-ci, un peu répétitive (mais ce n’est pas un reproche !) se déploie largement. Le tout sonne comme une rapsodie un peu mélancolique qui ne manque pas de charme.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Arletta ELSAYARY : Petite blague pour piano. 1er cycle. Lafitan : P.L.3428.

Comment ne pas être séduit par cette adorable « petite blague » ! Une introduction de huit mesures où la main droite déroule une mélodie à deux temps tandis que la main gauche semble affirmer un trois temps décalé, ouvre l’oeuvre. Puis les deux mains se lancent dans un joyeux discours où quelques altérations bien placées viennent mettre leur grain de sel. Surprises harmoniques et rythmiques s’enchainent, donnant un caractère « début de siècle » (le XX°, évidemment) tout à fait plaisant et dégingandé. On ne s’ennuie pas pendant la minute que dure cette courte pièce. Gageons qu’elle sera souvent bissée pour le plus grand plaisir de l’interprète et de ses auditeurs.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

BEST OF BEETHOVEN : 30 Famous Pieces for Piano. Éditées par Hans-Günter Heumann. Schott : ED 23201

Ce recueil présente un nouveau choix de vingt pièces doigtées (pièces faciles à moyennement faciles) pour piano, ainsi que dix arrangements de petits extraits de symphonies (dont la cinquième, la neuvième avec l’Hymne à la joie…) ou de concertos (pour violon, pour piano). La célèbre Lettre à Elise côtoie le deuxième mouvement de la Pathétique et la Sonate au Clair de lune …
Si les extraits et les arrangements peuvent permettre de découvrir des œuvres, il est bien sûr indispensable d’écouter les versions originales dans leur intégralité.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Nikolaï KAPUSTIN : 10 Inventions pour piano op. 73. Schott : ED 23156.

Né en 1937, ce pianiste compositeur mélange dans ses compositions un langage harmonique et rythmique résolument jazz avec des structures classiques. Chacune de ces dix inventions, écrites en 1993, offre un paysage sonore particulier. Il n’y a aucun risque de monotonie dans ces œuvres foisonnantes et originales. Évidemment, le niveau technique est élevé : il s’agit d’œuvres de concert. Mais l’ensemble est d’une grande richesse : c’est de la bien belle musique ! L’édition comporte en troisième de couverture une intéressante notice sur le compositeur et son œuvre.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Wilhelm OHMEN : Mon premier Tchaïkovsky. Pièces très faciles pour piano de P.I. Tchaïkovsky. Schott : ED 23049.

C’est une excellente idée que de rassembler dans un seul recueil vingt-neuf pièces de cet auteur qui permettront aux jeunes pianistes de s’initier ainsi au langage de Tchaïkovsky. Il ne s’agit en aucun cas d’adaptations ou d’arrangements. C’est le texte original de l’auteur qui nous est ainsi proposé. Et lorsque, comme pour les extraits de Casse-Noisette, il s’agit de réduction au piano, elles ont été réalisées par Tchaïkovsky lui-même. On ne peut donc que recommander vivement ce recueil. On regrettera simplement que l’excellente introduction, contrairement à l’habitude des éditions Schott, ne figure qu’en allemand et en anglais… Elle mériterait de figurer également en français, mais, comme le dit un film célèbre, nobody’s perfect…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Mike CORNICK : Elgar favourites arrangés pour piano à quatre mains. Universal Editions : UE 21 779.

Il est toujours pour les pianistes bien agréable de pouvoir jouer à quatre mains, même s’il s’agit de transcriptions. De difficulté moyenne, ces pièces d’Edward Elgar sont un vrai régal. On aurait tort de limiter ce compositeur à ses cinq Marches et spécialement à la première, même si celle-ci est devenu une sorte d’hymne national « bis » en Angleterre. On trouve au début de ce recueil le célèbre Salut d’amour qu’Elgar a écrit en cadeau de fiançailles pour Alice, courte pièce pour violon et piano, qui connait une version orchestrale et deviendra très célèbre. L’ensemble de la transcription tient compte du fait que beaucoup des pièces transcrites sont écrites primitivement pour cordes, et que le piano n’est pas le mieux adapté pour cette écriture, notamment pour les crescendos sur les valeurs longues… Mais ici, l’art des pianistes sera, comme le disait Debussy, de faire oublier que le piano est un instrument à marteaux !
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Auguste SCHIRLÉ : Nouvel album pour la jeunesse. 24 petites pièces pour piano. Chanteloup-Musique : CMP 040.

Ces petites pièces se veulent pédagogiques : la référence explicite à l’Album pour la jeunesse de Schumann en est un témoignage. Ce dont elles témoignent aussi, c’est de leur fidélité à l’esprit de celui-ci : comme celles de leur illustre prédécesseur, ces pièces témoignent qu’on peut écrire techniquement simple sans rien renier de ses exigences musicales. Thomas Kientz, qui a enregistré certaines pièces écrit : « Dans Le sorcier, Schirlé utilise un figuralisme musical pour exprimer l’atmosphère de sorcellerie. Les fusées, gamme par ton, notes martelées inquiétantes confèrent à l’œuvre un caractère impressionniste qui n’est pas sans rappeler L’apprentis sorcier de Dukas. De même, dans Jouets perdus, un chant désolé avec un accompagnement chromatique exprime la douleur d’un enfant qui a perdu son jouet. » Remercions les éditions Chanteloup Musique qui remettent à notre disposition ces pièces trop méconnues du remarquable compositeur que fut Auguste Schirlé (1895 – 1971), par la force des choses et les aléas de l’histoire alsacienne, jouissant d’une double culture…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Hans-Günter HEUMANN : Piano Junior. Méthode de piano créative et interactive pour les enfants. Premier niveau. Schott : ED 22761 – 22771 – 22781 – 22791.

Il y a déjà bien longtemps que nous avons dit tout le bien que nous pensions des ouvrages de ce pédagogue. Voici donc une méthode de piano extrêmement complète puisque pour le seul premier niveau, elle ne comporte pas moins de quatre fascicules. Disons d’abord que pour les français, son seul défaut est que cette méthode est entièrement en allemand. Peut-être les éditions Schott auront l’excellente idée d’en faire une édition française car ce travail monumental le mériterait bien.
Le premier fascicule est l’école du piano en tant que tel. Pourquoi école interactive ? C’est qu’un site internet y est entièrement consacré https://de.schott-music.com/piano-junior/
Fort judicieusement, la méthode commence par la description de l’instrument. Heureusement, les illustrations sont parlantes même pour des non-germanophones. Le deuxième fascicule est consacré à la théorie. Rien de rébarbatif dans ce volume mais tout ce qu’il faut pour maitriser les éléments nécessaires à ce premier niveau. Le troisième fascicule, appelé Konzertbuch est consacré aux pièces de « concert » abordables dès ce premier niveau. Enfin, le quatrième fascicule, intitulé Duettbuch, permet à nos jeunes débutants de se livrer dès le début aux joies du piano à quatre mains avec des morceaux écrits pour élèves de même niveau. Tout cela est bien intéressant. Quel dommage que la barrière de la langue nous en prive : espérons que nous avons des lecteurs allemands qui y trouveront largement leur compte !
Ajoutons que le niveau 2 (22762 – 22772 – 22782 – 22792) comporte les mêmes procédés et le même intérêt.
Daniel Blackstone


© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020