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Catégorie : Musique et Cinéma

 

 

 

 

Suite au succès de la projection du film Les Misérables d'Henri Fescourt au Théâtre National de Toulouse, le 13 décembre 2014, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé a proposé à ses spectateurs de découvrir le film en exclusivité à Paris, dans son intégralité et dans sa version restaurée. L'enjeu de cette nouvelle restauration était de retrouver Les Misérables avec toute la richesse des différentes techniques de couleurs utilisées en 1925 par Henri Fescourt.

A partir d'un négatif de Pathé, conservé par le CNC et d'une copie d'exploitation en couleur, conservée par la Cinémathèque de Toulouse, la restauration du film a été possible grâce aux technologies numériques actuelles les plus pointues. Le film a été ainsi restitué dans une version la plus proche de celle présentée aux spectateurs en 1925. Henri Fescourt signe, avec ses Misérables, une somptueuse adaptation - en quatre parties - du célèbre roman de Victor Hugo, portée par des interprètes exceptionnels (Gabriel Gabrio, Sandra Milowanoff, Jean Toulout..), et des décors naturels saisissants. Qualifié à l'époque de « chef d'œuvre de la cinématographie mondiale », le film reçut un accueil quasi unanime. Le film a été présenté dans son intégralité les samedis 7 et 14 mars derniers, soit six heures de projection ! Ces séances ont été accompagnées par le compositeur interprète Karol Beffa (cf. son ITV dans la NL de 2/2015). C'était impressionnant de le voir improviser pendant autant de temps, à la limite de la tendinite ! Loin de faire du « mickeymousing », Beffa peaufinait un discours subtil où la psychologie des personnages était décrite en fonction des scènes jouées sur l'écran. Des citations classiques étaient souvent les bienvenues (Bach pour la scène de l'évêque, des variations sur la Marseillaise, Chopin, Liszt lorsque le peuple se soulève pour renverser la monarchie en juillet 1832, …). Sans parler de la fameuse barricade où sera assassiné Gavroche et blessé Marius : plutôt que d'appuyer sur les fusillades de l'action, le discours musical se faisait très lent, angoissant, dramatique, annonçant les morts, la défaite. C'était une partition intelligente, empreinte d'une sensibilité peu visible lorsqu'on approche ce compositeur. Espérons qu'on pourra réécouter cette musique lorsqu'elle sera enregistrée et qu'un DVD sera é

dité.