Stéphane UDOVITCH : Les pouvoirs du piano. Apprentissage musical et transformation intérieure Paris, VAN DE VELDE, (www.van-de-velde.fr ). VV 416. 2019, 159 p. –19, 50 €.

Actuellement, les chercheurs s’intéressent beaucoup aux causes et aux effets de l’émotion (cf. Marc-Mathieu Münch : théorie de l’« effet de vie » ; Alain Joly : Bach, maître spirituel, Paris, Tallandier, 2018). Relatif au piano, ce livre en révèle sa potentialité et son impact insoupçonné à partir de 30 composantes assorties de questionnements et de constats.


Stéphane Udovitch, musicien et enseignant, s’est tourné vers de nombreuses disciplines complémentaires : psychanalyse, Gestaltthérapie, hypnose, yoga, zen, aboutissant à la découverte et à la compréhension de soi. Il exploite également son expérience pédagogique avec de nombreux élèves (cf. p. 159). Les idées dominantes de cette vaste investigation sont fort nombreuses : réceptivité, réception et disponibilité ; dépassement des contingences du quotidien et quête de nous-mêmes ; désir et passion indispensables à l’interprète, « vecteur de l’œuvre ». Les effets de la musique pour piano sont d’ordre psychologique : confiance en soi et découverte, humilité ; physique : détente corporelle, formation de l’oreille ; technique : solfège, mode de respiration…, auxquels s’ajoutent des problèmes inhérents à l’interprétation : blocage et trac (composante 25) ; musique et ego (26). Paradoxalement (en apparence), la conclusion de cet ouvrage protéiforme est à si juste titre intitulée : « Une Ouverture » (p. 156). À retenir notamment parmi les 30 composantes : « Musique et silence » (21) qui est à la fois en nous et hors de nous, grâce aux silences (notés) : « La musique prend son sens dans ce jeu de contrastes entre soi et silence » (p. 107) ; « Musique et spiritualité » (30)...
Bref : 159 pages résultant d’une vaste expérience didactique et fruit d’une inimaginable capacité de réflexion en devenir : une gageure exceptionnelle et une porte toujours « ouverte ».
Édith Weber