Nicolas MARTY (textes réunis, traduits et introduits par) : Musiques électroacoustiques. Analyses<->Écoutes. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2016, 231 p. – 32 €.

Du 17 au 20 septembre 2014, à l'Université de Louvain, Nicolas Marty a organisé la session Listening to electroacoustic music through analysis, réuni, traduit et introduit les interventions.

Ces Actes préfacés par François Delalande comprennent 11 communications axées autour de deux perspectives : théoriques et analytiques, puis abordent les « Écoutes, analyses et transmissions des musiques électroacoustiques, mais aussi acousmatiques ». Elles sont liées aux problèmes d'écoute, de perception et de réception, partant du fait que « l'écoute guide l'analyse » (des musiques instrumentales, vocales, acousmatiques, mixtes, concrètes et des « musiques des sons ») et s'appuyant sur les recherches antérieures de Pierre Schaeffer (objet musicaux), J.-J. Nattiez (sémiologie)…, sur les œuvres musicales de Pierre Henry, entre autres, ainsi que sur les expériences de Lasse Thoresen (Fig. 7) et les idées de Stéphane Roy, Leigh Landy, François Delalande. Cette session a abordé de nombreux aspects : recherche de vocabulaire et d'outils intellectuels et matériels ; justification épistémologique ; hiérarchie des sons ; approche constructiviste de l'analyse de la musique électroacoustique ; sonologie ; approches pictographique, créative, écologique…

L'affirmation : « l'écoute guide l'analyse et vice-versa » est confirmée par la diversité des écoutes. Elle sert de fil conducteur d'une contribution à l'autre. À noter l'idée que « l'analyse et l'écoute dépendent d'une médiation ou sont influencées par celle-ci » (p. 33). Cette pédagogie assistée nécessite un entretien d'explication ou un entretien semi-directif. À noter également l'analyse spectromorphologique ; l'Analyse Comparative Automatique de la Musique Électroacoustique (ACAME) ou encore l'E analyse avec différents logiciels d'acousmographie. Enfin, la synthèse des principes théoriques (cf. p. 160, Fig. 1) est du ressort de la spectromorphologie, de la typomorphologie… D'autres disciplines sont aussi sollicitées : phénoménologie cybermétrique, science de l'organisation, écoute herméneutique et transculturalité. Elles témoignent de l'extrême variété des démarches, des paramètres et de la variété des esthétiques musicales en cause pour aborder cette « musique des sons ». Les communications sont suivies de très utiles éléments bibliographiques : ouvrages ou articles en anglais et en français relatifs à plusieurs disciplines concernées : perception de la musique, linguistique, comportements, Gestalttheorie, sciences cognitives, systèmes interactifs, données environnementales, conduites d'écoutes, phénomènes de conscience…) soulignant encore la complexité de ces Actes autour de la réciprocité entre « Analyses et Écoutes ». Dans la Keynote (p. 209), Leigh Landy pose la question fondamentale : « Comment l'analyse fondée sur l'écoute peut-elle faciliter la compréhension et l'appréciation de la musique électroacoustique ? »

En conclusion, la réponse s'avère positive : voilà ce que démontrent, par une extrême variété des approches et des œuvres citées, les démarches de cette session autour du titre « L'écoute de la musique électroacoustique à travers l'analyse ». Au final, « l'Analyse renvoie à l'écoute » et vice-versa ; par conséquent, l'écoute est indissociable de l'analyse.