Compositrices…


P
armi les membres du sexe dit fort (pour sa musculature…), n’était-il pas jusqu’à présent communément admis que – de par, notamment, leur capacité d’enfanter – les femmes avaient un sens plus aigu des réalités qu’eux-mêmes, davantage portés à l’abstraction de disciplines aussi peu terre-à-terre, voire schizophréniques, que la composition musicale ou la mathématique pure ?  En effet, au moins à l’égal de leurs compagnons, les femmes ne se sont-elles pas illustrées dans tous les domaines de l’esprit ?  À l’exception, peut-être, des deux disciplines précitées…

 

Il semble toutefois que le beau sexe soit désormais en mesure d’infirmer ce malheureux clivage.  Gardons-nous, en outre, d’oublier que le premier compositeur dont l’histoire nous ait légué le nom était celui… d’une compositrice, Hildegard von Bingen (1098-1179).  Puis que lui succédèrent, mais bien plus tard, Élisabeth Jacquet de La Guerre, Fanny Mendelssohn, Lili Boulanger… – pour ne citer que trois personnalités phares du passé.

 

Devant la montée des intégrismes religieux qui tant menace le statut des femmes, il est éminemment souhaitable que nos sociétés leur rendent le plus juste et vibrant hommage.  Et c’est précisément le cas aujourd’hui avec, en particulier, l’exposition en cours au Centre Pompidou [« elles@centrepompidou »], le Festival d’Île-de-France 2009 [« Elles… musiques au féminin »] et, bien sûr, les dossiers que nous leur consacrons.

 

Francis B. Cousté