Portraits, 45 morceaux originaux pour piano. Edité par Monika Twelsiek. Schott : ED 22632.

Ce florilège invite « à un voyage à travers les époques à la rencontre des personnages les plus divers. Il revient aux pianistes, au gré de leur interprétation, de leur donner vie par la force de leur imagination ». Les auteurs sont classés chronologiquement de François Couperin (1668-1733) à Emile Naoumoff (l962). Le choix des oeuvres est intéressant et sort un peu de l’ordinaire, courant au travers de bon nombre de volumes de ce genre et offre un ensemble de pièces agréable à jouer. Ainsi, nous côtoyons avec plaisir des auteurs anciens comme Reichardt ou Burgmüller, des auteurs modernes comme Satie ou Turina et des contemporains comme E. Toch, D. Dushkin ou K-H. Pick. Mais comment peut-on encore aujourd’hui maltraiter à ce point les « très » anciens Couperin, Rameau en les affublant d’ornements fantaisistes, en gommant ce qui dérange, en inventant des doigtés inutiles, en donnant des traductions approximatives… De grâce ! Aux pédagogues de choisir une édition respectueuse des écrits des anciens maîtres (qui ont laissé des traités et des tables d’ornements), une édition respectueuse des travaux des musiciens qui travaillent à des éditions musicologiques, une édition respectueuse des éditeurs qui proposent des éditions critiques (avec notes, corrections, sources…). Cette partie de recueil est tout à fait dommageable et devrait faire l’objet de corrections sérieuses et appropriées.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Ludwig van BEETHOVEN : Klaviersonate opus 27/2, Mondscheinsonate. Wiener Urtext Edition : UT 50433. Édition Hauschild/Reutter/Bloch/Czerny.

La seconde sonate de l’opus 27 fut composée en 1801, après la Sonata quasi una fantasia. Son surnom de Sonate au clair de lune n’est pas de Beethoven et s’est imposé vers 1830. Carl Czerny, élève de Beethoven, parle de « scène nocturne dans laquelle résonne au loin une voix plaintive fantomatique ». Beethoven avait pensé le premier mouvement (sans forme sonate !) comme une pièce séparée ; une annotation visible sur le manuscrit (conservé presque intégralement) le prouve. A cette époque, Beethoven souffre déjà d’une audition défaillante, qui rend sa vie « vide et triste » et le fait passer pour un misanthrope. De plus, il ne peut épouser, n’étant pas de son rang, la comtesse Guilietta Guicciardi, jeune élève à qui il dédiera la sonate (en « seconde main » d’ailleurs !). Les tonalités de do # mineur et de Réb Majeur reflètent cet état de tristesse. Cette nouvelle édition est enrichie grâce à la consultation de plusieurs sources et de courtes notes sur l’interprétation et de commentaires critiques
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Pierre BOULEZ : Fragment d’une ébauche, pour piano (1987). Universal Edition : UE 36 098.

Pierre Boulez et Jean-Marie Lehn étaient tous deux enseignants au Collège de France. A l’occasion de son prix Nobel de chimie, le chimiste reçoit en cadeau cette très courte pièce de son collègue musicien. « Le fragment d’une oeuvre à venir pour piano et ensemble instrumental, encore à l’état d’ébauche. Mais pour un prix Nobel, on peut bien faire une exception et livrer une simple ébauche en témoignage de sympathie et d’admiration ». Boulez, lors de la création en 2013 à Strasbourg, explique à son dédicataire présent : « …il y avait ces esquisses qui étaient là, qui attendaient quoi ? rien du tout ! (…). Avec votre nomination (…), il [fallait] faire un cadeau et le cadeau était tout prêt, heureusement (…). Il n’y avait aucune intention (…), c’est un « objet trouvé ». Espérons que ces trente secondes agressives et décousues auront contenté le nouveau prix Nobel !
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Ludwig van BEETHOVEN : Klaviersonate, Band 2. Wiener Urtext Edition, Schott/Universal Edition : UT 50428. Edité par Hauschild/Reutter

Ce deuxième volume contient, outre les dix sonates des op. 26, 27/1 (Sonata quasi una fantasia) et 2 (Sonate au clair de lune), op. 28 (Sonate Pastorale), op. 31/1-3 (dont La Tempête), 53 (Walstein), 54 et 57 (Appassionata), composées entre 1800 et 1806, ainsi que l’opus 49 (les deux Sonates faciles).
Contrairement aux sonates du premier volume, nous possédons les manuscrits de travail de la main de Beethoven, de cinq opus, (26, 27/2, 28, 53 et 57) ce qui permet d’en apprécier les techniques de correction. Les erreurs des premières éditions étant très nombreuses, il a été indispensable de comparer nombre d’autres sources pour ce nouveau travail éditorial. Les ajouts y sont indiqués entre crochets ou entre parenthèses.
Ce volume contient une centaine de pages de nombreuses et précieuses notes critiques (versions allemand-anglais) se rapportant à chaque sonate. Ce qui représente un outil de travail indispensable pour tout interprète scrupuleux. Précisons que les doigtés sont de H. Kann (opus 57), de N. Taneda (opus 26), de B. Bloch (opus 27), de P. Gililov (opus 28 et 54) et de G. Ludwig (opus 31), de L. Hokanson (opus 49), et de J. Lateiner (opus 53). Ce « nouveau testament de la musique pour piano » (Hans von Bülow), volume très épais (333 pages) d’une telle qualité éditoriale mériterait une couverture cartonnée rigide.
Sophie Jouve-Ganvert
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K 2019 : Mirage, 4 (Hommage) Etudes, Tacto, pour piano. Universal Edition UE 36 069.

Cet intéressant volume recueille les compositions de trois des lauréats du Concours de composition Mauricio Kagel de 2019.
Mirage (d’une durée de 6 minutes) de Ayaz Gambarli (2018) qui a reçu le premier prix, sonne tendrement dans une atmosphère personnelle avec des jeux d’accords, de pizzicati, des jeux de doigts sur les cordes, enveloppés d’un fond de pédale.
4 (Hommage) Etudes de Dimitris Maronidis a obtenu le troisième prix. Chaque courte étude rend hommage à quatre compositeurs en initiant les jeunes étudiants à l’esthétique de la musique moderne de manière agréable. La première rappelle Lachenman, (chef de file du mouvement Klang) en proposant un travail sur les propriétés sonores des agrégats avec une précision rythmique et un jeu très léger de la main accompagnante.
La deuxième est un hommage à György Ligeti en proposant de travailler sur l’exécution de figures rythmiques inégalement longues, en les chevauchant, sur des mouvements pratiquement conjoints et cycliques, notes tenues d’une main sur l’autre, ce qui produit un halo sonore.
Conçue mécaniquement, sur une basse répétitive et staccatissimo, la troisième pièce est un hommage à Steve Reich. La partie supérieure explore les registres aigus sur un seul rythme qui doit être clairement articulé. Avec de jeunes élèves, cette étude peut être jouées à quatre mains.
Forme ouverte pour la quatrième pièce : hommage à Gundega Smite (Shadow Clock in C). Sur une harmonie douce et égrenée, une mélodie ponctue dans le suraigu ses rythmes irréguliers. A chacun de trouver un bon équilibre entre les différentes parties, sans les contrarier.
Tacto, Six etudes for young musicians de Ignacio Brasa Gutierrez (récompensé par une « mention honorable ») est un ensemble de six études aux titres très évocateurs et très bien illustrés : I. Walking on dry leaves, II. On the ice, III. Passacaglia below stalactites, IV. Barefoot on a stony river bed, V. Under shooting stars, VI. On the seashore.
Ces pièces écrites par de jeunes compositeurs méritent d’être proposées à un large éventail de jeunes (et moins jeunes) pianistes, non débutants.
Sophie Jouve-Ganvert
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Arnold SCHÖNBERG : Sechs kleine Klavierstücke opus 19, pour piano. Universal Edition : UE 37 224.

1. Leicht, zart (léger, délicat)
2. Langsam (lent)
3. Sehr langsam (très lent)
4. Rasch, aber leicht (rapide mais léger)
5. Etwas rasch (assez rapide)
6. Sehr langsam (très lent)

Datées de 1911 (un an avant Le Pierrot lunaire), créées en 1912 à Berlin par Louis Closson, ces six pièces extrêmement courtes, répondent par leur forme dépouillée et leur caractère intimiste, au travail de Schönberg sur la « petite forme ». (On rappellera ici les oeuvres de Webern (opus 5…, 11) qui correspondent à une recherche similaire). En 1909, le compositeur écrit à F. Busoni : « ma musique doit être courte. Maigre ! En deux notes, non pas bâtie, mais « exprimée ». Et le résultat est, je l’espère, sans sentimentalité stylisée et interminablement stérile. C’est ainsi qu’un homme ressent ». Cette miniature intense et subtile dégage lyrisme, drame, poésie, éléments propres à émouvoir, sans pourtant aucun concept de tonalité, ni de mélodie.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Martin STATFELD : Händel Variations. Transcriptions pour piano solo. Schott : ED23283.

Ne nous y trompons pas, plus que des transcriptions, ce sont des réécritures que le compositeur nous propose ici : il ne s’agit pas de variations de Haendel mais de variations sur des thèmes de Haendel. Haendel lui sert de support pour réexprimer dans son propre langage la « substantifique moëlle » des oeuvres transcrites. Quand nous disons « son langage », nous voulons dire un langage qui se situe entre Bach, Beethoven et bien entendu Händel. L’auteur s’en explique dans une longue préface où il précise et justifie ses choix. Il s’agit donc d’une réécriture à la fois fidèle à un certain esprit et en même temps originale. Le tout n’est évidemment pas facile : il s’agit en fait de pièces de concert.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Servane MORDACQ : Hilltop pour piano. Élémentaire. Lafitan : P.L.3417.

Voici une agréable colline que les élèves se feront certainement un plaisir de gravir. Larges arpèges et octaves risquent de leur rendre l’ascension moins aisée, surtout pour les petites mains. Mais cela fait partie du jeu. Lorsque la main gauche n’est pas arpégée, elle se déploie en pompes qui soutiennent toujours la mélodie. Celle-ci, un peu répétitive (mais ce n’est pas un reproche !) se déploie largement. Le tout sonne comme une rapsodie un peu mélancolique qui ne manque pas de charme.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Arletta ELSAYARY : Petite blague pour piano. 1er cycle. Lafitan : P.L.3428.

Comment ne pas être séduit par cette adorable « petite blague » ! Une introduction de huit mesures où la main droite déroule une mélodie à deux temps tandis que la main gauche semble affirmer un trois temps décalé, ouvre l’oeuvre. Puis les deux mains se lancent dans un joyeux discours où quelques altérations bien placées viennent mettre leur grain de sel. Surprises harmoniques et rythmiques s’enchainent, donnant un caractère « début de siècle » (le XX°, évidemment) tout à fait plaisant et dégingandé. On ne s’ennuie pas pendant la minute que dure cette courte pièce. Gageons qu’elle sera souvent bissée pour le plus grand plaisir de l’interprète et de ses auditeurs.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

BEST OF BEETHOVEN : 30 Famous Pieces for Piano. Éditées par Hans-Günter Heumann. Schott : ED 23201

Ce recueil présente un nouveau choix de vingt pièces doigtées (pièces faciles à moyennement faciles) pour piano, ainsi que dix arrangements de petits extraits de symphonies (dont la cinquième, la neuvième avec l’Hymne à la joie…) ou de concertos (pour violon, pour piano). La célèbre Lettre à Elise côtoie le deuxième mouvement de la Pathétique et la Sonate au Clair de lune …
Si les extraits et les arrangements peuvent permettre de découvrir des œuvres, il est bien sûr indispensable d’écouter les versions originales dans leur intégralité.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Nikolaï KAPUSTIN : 10 Inventions pour piano op. 73. Schott : ED 23156.

Né en 1937, ce pianiste compositeur mélange dans ses compositions un langage harmonique et rythmique résolument jazz avec des structures classiques. Chacune de ces dix inventions, écrites en 1993, offre un paysage sonore particulier. Il n’y a aucun risque de monotonie dans ces œuvres foisonnantes et originales. Évidemment, le niveau technique est élevé : il s’agit d’œuvres de concert. Mais l’ensemble est d’une grande richesse : c’est de la bien belle musique ! L’édition comporte en troisième de couverture une intéressante notice sur le compositeur et son œuvre.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Wilhelm OHMEN : Mon premier Tchaïkovsky. Pièces très faciles pour piano de P.I. Tchaïkovsky. Schott : ED 23049.

C’est une excellente idée que de rassembler dans un seul recueil vingt-neuf pièces de cet auteur qui permettront aux jeunes pianistes de s’initier ainsi au langage de Tchaïkovsky. Il ne s’agit en aucun cas d’adaptations ou d’arrangements. C’est le texte original de l’auteur qui nous est ainsi proposé. Et lorsque, comme pour les extraits de Casse-Noisette, il s’agit de réduction au piano, elles ont été réalisées par Tchaïkovsky lui-même. On ne peut donc que recommander vivement ce recueil. On regrettera simplement que l’excellente introduction, contrairement à l’habitude des éditions Schott, ne figure qu’en allemand et en anglais… Elle mériterait de figurer également en français, mais, comme le dit un film célèbre, nobody’s perfect…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Mike CORNICK : Elgar favourites arrangés pour piano à quatre mains. Universal Editions : UE 21 779.

Il est toujours pour les pianistes bien agréable de pouvoir jouer à quatre mains, même s’il s’agit de transcriptions. De difficulté moyenne, ces pièces d’Edward Elgar sont un vrai régal. On aurait tort de limiter ce compositeur à ses cinq Marches et spécialement à la première, même si celle-ci est devenu une sorte d’hymne national « bis » en Angleterre. On trouve au début de ce recueil le célèbre Salut d’amour qu’Elgar a écrit en cadeau de fiançailles pour Alice, courte pièce pour violon et piano, qui connait une version orchestrale et deviendra très célèbre. L’ensemble de la transcription tient compte du fait que beaucoup des pièces transcrites sont écrites primitivement pour cordes, et que le piano n’est pas le mieux adapté pour cette écriture, notamment pour les crescendos sur les valeurs longues… Mais ici, l’art des pianistes sera, comme le disait Debussy, de faire oublier que le piano est un instrument à marteaux !
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Auguste SCHIRLÉ : Nouvel album pour la jeunesse. 24 petites pièces pour piano. Chanteloup-Musique : CMP 040.

Ces petites pièces se veulent pédagogiques : la référence explicite à l’Album pour la jeunesse de Schumann en est un témoignage. Ce dont elles témoignent aussi, c’est de leur fidélité à l’esprit de celui-ci : comme celles de leur illustre prédécesseur, ces pièces témoignent qu’on peut écrire techniquement simple sans rien renier de ses exigences musicales. Thomas Kientz, qui a enregistré certaines pièces écrit : « Dans Le sorcier, Schirlé utilise un figuralisme musical pour exprimer l’atmosphère de sorcellerie. Les fusées, gamme par ton, notes martelées inquiétantes confèrent à l’œuvre un caractère impressionniste qui n’est pas sans rappeler L’apprentis sorcier de Dukas. De même, dans Jouets perdus, un chant désolé avec un accompagnement chromatique exprime la douleur d’un enfant qui a perdu son jouet. » Remercions les éditions Chanteloup Musique qui remettent à notre disposition ces pièces trop méconnues du remarquable compositeur que fut Auguste Schirlé (1895 – 1971), par la force des choses et les aléas de l’histoire alsacienne, jouissant d’une double culture…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Hans-Günter HEUMANN : Piano Junior. Méthode de piano créative et interactive pour les enfants. Premier niveau. Schott : ED 22761 – 22771 – 22781 – 22791.

Il y a déjà bien longtemps que nous avons dit tout le bien que nous pensions des ouvrages de ce pédagogue. Voici donc une méthode de piano extrêmement complète puisque pour le seul premier niveau, elle ne comporte pas moins de quatre fascicules. Disons d’abord que pour les français, son seul défaut est que cette méthode est entièrement en allemand. Peut-être les éditions Schott auront l’excellente idée d’en faire une édition française car ce travail monumental le mériterait bien.
Le premier fascicule est l’école du piano en tant que tel. Pourquoi école interactive ? C’est qu’un site internet y est entièrement consacré https://de.schott-music.com/piano-junior/
Fort judicieusement, la méthode commence par la description de l’instrument. Heureusement, les illustrations sont parlantes même pour des non-germanophones. Le deuxième fascicule est consacré à la théorie. Rien de rébarbatif dans ce volume mais tout ce qu’il faut pour maitriser les éléments nécessaires à ce premier niveau. Le troisième fascicule, appelé Konzertbuch est consacré aux pièces de « concert » abordables dès ce premier niveau. Enfin, le quatrième fascicule, intitulé Duettbuch, permet à nos jeunes débutants de se livrer dès le début aux joies du piano à quatre mains avec des morceaux écrits pour élèves de même niveau. Tout cela est bien intéressant. Quel dommage que la barrière de la langue nous en prive : espérons que nous avons des lecteurs allemands qui y trouveront largement leur compte !
Ajoutons que le niveau 2 (22762 – 22772 – 22782 – 22792) comporte les mêmes procédés et le même intérêt.
Daniel Blackstone


© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Dominique REY : Mandarines et cacahuètes. 20 pièces faciles pour piano. Dès 7 ans et dès la 2e année de piano. Partita : N° 148. https://www.editions-partita.com/?lc=FR

Les édition Partita nous font le plaisir de nous faire découvrir leur production. Voici donc un recueil bien réjouissant. La graphie est bien adaptée au jeune âge et les pièces sont très variées et illustrent bien leur titre. Cherchez les intruses est un véritable jeu d’écoute attentive qui permettra au professeur, selon l’âge de l’élève, de faire un peu d’harmonie pratique… Pas à pas introduit un dialogue amusant entre les deux mains. Bref, chaque pièce possède son centre d’intérêt, et cela toujours tout simplement en faisant de la vraie et bonne musique. Il est si difficile d’écrire pour les jeunes sans tomber dans le fade et le convenu… Ce recueil pourra constituer un très intéressant complément aux méthodes classiques qu’il ne peut évidemment remplacer.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Yves BOUILLOT : Élégie romantique pour piano. Fin de 1er cycle. Lafitan : P.L.3523.

Pour être élégiaque et romantique, cette pièce l’est sans nul doute. Cela lui donne un charme certain. On remarquera la construction tripartite. La première et la troisième partie sont construites sur un élément thématique récurrent qui pourrait amener à une certaine monotonie si les délicates et changeantes harmonies qui le soutiennent ne venaient en changer constamment la couleur. La partie centrale, andante, est construite sur une cellule chromatique de quatre sons en valeur longues soutenue par des croches en tierce qui demanderont au pianiste une grande indépendance des doigts à la main droite. On sait assez que les tierces enchainées ne sont pas vraiment la tasse de thé des pianistes surtout lorsqu’il faut également assurer le chant lié à la même main ! Mais tout cela n’est fait qu’au service de la musique, et l’ensemble est vraiment très réussi.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Max MÉREAUX : Étude fuguée pour piano. 2ème cycle. Lafitan : P.L.3516.

Il est réjouissant de voir Max Méreaux offrir aux élèves de deuxième cycle une véritable fugue fort plaisante. Nous savons bien qu’en écrivant cela, nous allons contrister certains… mais cette fugue en forme d’étude est fort intéressante et agréable à entendre autant qu’à jouer. Elle trouvera sans démériter sa place entre les Préludes et Fugues du Clavier bien tempéré, dont nous n’avons pas besoin de rappeler l’auteur… du moins, nous l’espérons. Le mi mineur affirmé (avec les modulations qui conviennent, bien sûr) confère à cette œuvre un caractère de distinction qui nous semble propre à cette tonalité. Nous ne pouvons que lui souhaiter un franc succès auprès des élèves et des professeurs.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Alireza MASHAYEKHI : Jardins persans pour piano. Volumes 1 et 2. Delatour : DLT 2846 & 2847.

Né à Téhéran en 1940, Alireza Mashayekhi est un pionnier du multiculturalisme musical. Mais depuis 1990, ses œuvres sont essentiellement inspirées par la musique persane. Comme l’indique leur titre, c’est le cas de ces deux recueils qui nous proposent chacun quatre pièces aux noms évocateurs. Le procédé de composition utilisé par l’auteur est celui de la « Théorie complémentaire », défini par lui comme « un complément modal à l’harmonie classique et au contrepoint baroque ». C’est un monde à la fois étrange et bien séduisant dans lequel nous entraine ce compositeur très attachant.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Jakub METELKA : Moderni klavirni etudy, Bärenreiter Praha : BA 11559.

Ce recueil de trente courtes études «  modernes  » pour piano, composées dans tous les tons majeurs et mineurs, s’adresse à des jeunes enfants. Chaque étude au nom évocateur (Petite danseuse, Marche des fourmis soldats, Danse de la souris aveugle, Mer agitée, Aquarium…) traite d’un problème technique particulier (ornements, glissando, intervalles de tierces, de sixtes, arpèges…) avec efficacité et musicalité. L’auteur propose un large choix de doigtés.
Sophie Jouve-Ganvert

Jean KLEEB : Classic goes Jazz 3 arrangements jazzy. Moyenne difficulté. 1 vol. 1 CD. Bärenreiter : BA 8760.

Ces arrangements sont du meilleur goût et pleins de fraicheur… On ne peut qu’être séduit par cette manière que possède l’auteur de transformer en pièces de jazz les grands classiques des débutants (ou moins débutants) au piano, depuis les menuets du Petit Livre d’Anna Magdalena, jusqu’à Chopin et Schubert en passant par Mozart, Schumann et Brahms… L’auteur se justifie dans une préface pleine d’esprit, mais il n’a pas besoin de se justifier ! Le résultat parle de lui-même et réjouira, nous l’espérons, les pianistes qui se lanceront dans ce répertoire. Ce sera en même temps l’occasion de découvrir différents styles de jazz : blues, tango, salsa, et j’en passe ! On pourra d’ailleurs s’amuser à intercaler original et version jazz dans le même concert… Quant au CD joint, s’il est destiné bien sûr à servir d’exemple, il est d’abord un régal d’un bout à l’autre : l’auteur est manifestement un remarquable pianiste et on ne se lasse pas d’écouter son jeu plein d’élégance.
Daniel Blackstone

Daniel Gottlob TÜRK : Morceaux pour les débutants pour piano. Niveau 1. Edités et préfacés par Erich Doflein, avec indications pour l’apprentissage par Samantha Ward. Schott : SE 1021.

L’auteur de ces pièces est un compositeur allemand, contemporain de Haydn et de Mozart. Surtout connu aujourd’hui pour ses ouvrages pédagogiques, il a composé de nombreuses pièces pour accompagner sa méthode de piano. Ces pièces ont été soigneusement revues pour une édition raisonnée qui pourra rendre les plus grands services. Les indications pour l’apprentissage de Samantha Ward sont particulièrement judicieuses et permettront de tirer le meilleur parti de cet ouvrage. Les pièces sont, la plupart du temps, présentées avec leur titre d’origine, sauf lorsque celui-ci serait obscur pour les jeunes pianistes d’aujourd’hui. On appréciera comme d’habitude qu’il s’agisse d’une édition trilingue anglais, allemand et français, ce qui la rend immédiatement utilisable par nos élèves.
Daniel Blackstone