L’auteur était Maître de chapelle de Sainte-Clotilde à Paris de 1904 à 1907, Tournemire étant titulaire du grand orgue. Contrairement à l’usage, cette messe n’est pas destinée à un jour précis du calendrier liturgique. La liturgie romaine a donné une importance particulière au grand orgue, puisqu’il devient soliste et ne se contente plus d’alterner ses interventions avec l’orgue de choeur. Avec cette Messe pour grand orgue, Maurice Emmanuel ouvre la voix à Vierne, Tournemire, Messiaen, Langlais, Litaize… Quatre parties seulement composent cette pièce : Entrée (sous forme de Récit), Offertoire (en triptyque), Communion (en variations), Sortie (Prélude et fugue). Cette nouvelle édition, révisée, annotée et registrée comporte des commentaires. La registration proposée est celle qu’utilisait César Franck à Sainte-Clotilde. Si la lecture est claire, on déplorera malheureusement les nombreuses mauvaises tournes.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Renouant avec une tradition qui eut ses heures de gloire mais fut ensuite fort décriée, les transcriptions pour orgue de partitions symphoniques sont aujourd’hui très prisées. Cette transcription de Louis Robillard d’Orpheus, le 4e poème symphonique composé par Franz Liszt n’est pas la première : Jean Guillou, entre autres, en a fait une également. Celle que nous propose aujourd’hui Louis Robillard est à la hauteur de ce grand organiste si fin connaisseur de son instrument. L’orgue sonne effectivement comme un véritable orchestre, et la régistration de ce poème symphonique en fait une véritable recréation de l’oeuvre.
D. Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Pensé comme un hommage à l’orgue allemand et à ses plus grands compositeurs, ce recueil est inspiré par les grands chorals de la liturgie protestante mais comporte aussi des emprunts par l’auteur à ses propres oeuvres. L’ensemble est de difficulté très variable et possède donc un réel intérêt pédagogique. L’utilisation liturgique, aussi bien protestante que catholique, est également évidente. Et bien sûr, ces pièces peuvent être données en concert sur des orgues assez différents : l’écriture ne demande pas un instrument trop typé… Comme le dit l’auteur lui-même : « En conclusion, fidèle à ses convictions de toujours, le compositeur n’aspire qu’à un but : allier le plaisir de l’oreille à celui de l’esprit en communion avec l’interprète et l’auditeur ».
D. Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Chacun des préludes porte un titre : Saisissement, Elévation immatérielle, L'empyrée, Rémission des fautes, des offenses. L’auteur présente ainsi son oeuvre : « Envisagée dans une perspective liturgique chrétienne, cette suite de quatre pièces pourrait être jouée après l’eucharistie (nous pensons que l’auteur veut dire : après la consécration) et pendant la communion. Cependant avec le premier prélude, Saisissement, la musique apparait comme une interrogation inquiète, et non comme une adhésion recueillie au Credo de l’Église. Le deuxième prélude, Élévation immatérielle, installe un climat d’intériorité, en suivant la progression d’une arabesque se déployant de manière symétrique. Le troisième prélude, L’Empyrée, suggère ce que serait la musique du Paradis… Le titre, en faisant référence à d’anciennes croyances, marque une distance avec l’imagerie chrétienne sans pour autant renoncer au désir d’élaborer une musique d’essence spirituelle.

Voici comment l’auteur présente lui-même son œuvre : « Cette œuvre est sous-titrée « étude pour orgue » en raison de sa riche et complexe écriture harmonique, et de ce qu’elle exigera de la part de l’interprète en matière de registrations. Mais on pourrait aussi bien la qualifier de fantaisie ou de poème symphonique pour orgue, dans lequel l’imagination de l’auditeur est projetée dans des mondes sonores tour à tour mystérieux, visionnaires, éclatants ou fantastiques, comme dans un kaléidoscope aux dimensions cosmiques. » On ne peut mieux parler de cette œuvre foisonnante et évocatrice des différents mondes intérieurs de l’auteur mais aussi des auditeurs… D’autant plus que l’auteur laisse libre cours à l’imaginaire de l’interprète en ne lui donnant volontairement aucune autre indication de registration que les notations expressives qui parcourent l’œuvre. Si ces Mondes peuvent être ainsi exécutés sur des instruments très divers, il n’en reste pas moins qu’ils devront avoir pour support un instrument aux multiples facettes… et un organiste qui sache les mettre en valeur !
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

 

Pour se faire une idée du style de ces pièces, on pourra aller écouter, du même auteur, sur YouTube, la Chaconne écrite dans le même esprit. Il ne s’agit en rien de pastiches de Bach, comme pourrait le faire penser les titres des pièces ici présentées (Fantaisie et fugue, Pastorale, Toccata et fugue, Sonate en trio…) mais en repartant des formes illustrées par Bach et ses prédécesseurs, de poursuivre le voyage dans un langage renouvelé. Comme l’écrit le compositeur, « la quête de la modernité ayant perdu tout attrait, c’est vers la jubilation de cette « langue pure » qu’il peut être tenté de se tourner. Il lui faut alors s’en remettre au seul pouvoir d’engendrement de ses propres idées – sous peine de tomber dans l’enfer de l’exercice de style – et, privilège d’agir en quelque sorte « après l’histoire » de la tonalité, ne surtout renoncer à aucune des singularités qu’elles portent en elles. Le propos n’est donc ici nullement de faire accroire à la réalité d’une œuvre XVIIIème, mais bien plutôt tel un jardinier, d’entourer la croissance de ses thèmes ou sujets dans ce même esprit. ». Ajoutons simplement que l’ensemble est parfaitement convaincant. Bien sûr, il vaudra mieux disposer d’un instrument aux couleurs variées…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

 

Ce triptyque a été composé et joué en première audition à la cathédrale de Dijon en 2010 pour le tricentenaire de la naissance du célèbre facteur d’orgues devenu bourguignon, Karl-Joseph RIEPP, né en 1710 à Eldern, village souabe dépendant de l’abbaye d’Ottobeuren et mort à Dijon en 1775. Il a réalisé dans la cathédrale Saint Bénigne de Dijon son plus grand instrument. Celui-ci a récemment été reconstruit par le facteur Gerhard Schmid dans l’esprit du XVIII° siècle et le respect de la tuyauterie d’origine ainsi que des ajouts des facteurs précédents lorsqu’ils avaient été positifs. C’est pour cet instrument qu’Yves Cuénot a écrit cette œuvre qui fait appel à toutes les possibilités de l’instrument. Il ne faudra donc pas se risquer à l’interpréter sur un orgue trop limité. Rappelons que l’orgue de Dijon possède quatre claviers et 73 jeux… L’auteur présente lui-même son œuvre ainsi : « Ainsi ce triptyque, écrit sur les 5 notes du nom de « RIEPP », aura été largement inspiré par l’instrument actuel et toutes

Cette édition contient, en plus des trois pièces habituellement connues : Prélude et fugue en ré Majeur op. 93, Prélude et fugue en ré mineur op. 98 et la Fantaisie op. 110, le Prélude et fugue en ré mineur op. 62, pièce expressive pour piano dans une transcription pour orgue de B. L. Sabaneyev (1909) faite avec l’accord du compositeur. L’édition comporte une préface et de précieuses notes détaillées pour l’interprétation, notamment en ce qui concerne la question, toujours délicate, de la registration. Ces pièces sont manifestement écrites pour un instrument à 3 claviers – pédalier et possédant de solides mixtures et batteries d’anches. Glazounov a d’ailleurs sollicité les conseils de Marcel Dupré pour sa Fantaisie. Ce dernier en est d’ailleurs le dédicataire, et c’est encore lui qui en donnera la première audition. Terminons en disant que cette édition tout à fait remarquable a été faite par Alexander Fiseisky, l’un des plus grands organistes russes.
Daniel Blackstone

Cette nouvelle publication est une mise à jour du volume 9, série IV, présentée en 2003 et basée sur la première édition de 1985. Peu de changement, si ce n’est un allongement et un enrichissement de la préface, un résumé des sources dans des « Notes sur l’édition », ainsi que quelques corrections apportées au texte musical (clés…). Une présentation des différents chorals non harmonisés ouvre le recueil. Viennent ensuite trente-six chorals d’orgue fugués de la collection dite Neumeister, du nom de l’organiste et professeur qui possédait une collection manuscrite de pièces d’orgue.
Les vingt-six œuvres de Bach présentes sont entremêlées d’œuvres de différents compositeurs (Pachebel, Zachow, Johann Christoph Bach…) et tiennent compte du calendrier liturgique.
Comme souvent dans la pratique générale de la musique d’orgue de cette époque, l’utilisation du pédalier est soumise à l’appréciation de l’organiste. Il n’y a pas de portée écrite spécifiquement pour cette partie. L’entrée du pédalier est tout de même marquée (par p. ou Ped.), lorsque son utilisation est nécessaire (cantus placé à la basse, facilité

Cette édition contient, en plus des trois pièces habituellement connues : Prélude et fugue en ré Majeur op. 93, Prélude et fugue en ré mineur op. 98 et la Fantaisie op. 110, le Prélude et fugue en ré mineur op. 62, pièce expressive pour piano dans une transcription pour orgue de B. L. Sabaneyev (1909) faite avec l’accord du compositeur. L’édition comporte une préface et de précieuses notes détaillées pour l’interprétation, notamment en ce qui concerne la question, toujours délicate, de la registration. Ces pièces sont manifestement écrites pour un instrument à 3 claviers – pédalier et possédant de solides mixtures et batteries d’anches. Glazounov a d’ailleurs sollicité les conseils de Marcel Dupré pour sa Fantaisie. Ce dernier en est d’ailleurs le dédicataire, et c’est encore lui qui en donnera la première audition. Terminons en disant que cette édition tout à fait remarquable a été faite par Alexander Fiseisky, l’un des plus grands organistes russes.
Daniel Blackstone

Cette nouvelle publication est une mise à jour du volume 9, série IV, présentée en 2003 et basée sur la première édition de 1985. Peu de changement, si ce n’est un allongement et un enrichissement de la préface, un résumé des sources dans des « Notes sur l’édition », ainsi que quelques corrections apportées au texte musical (clés…). Une présentation des différents chorals non harmonisés ouvre le recueil. Viennent ensuite trente-six chorals d’orgue fugués de la collection dite Neumeister, du nom de l’organiste et professeur qui possédait une collection manuscrite de pièces d’orgue.
Les vingt-six œuvres de Bach présentes sont entremêlées d’œuvres de différents compositeurs (Pachebel, Zachow, Johann Christoph Bach…) et tiennent compte du calendrier liturgique.
Comme souvent dans la pratique générale de la musique d’orgue de cette époque, l’utilisation du pédalier est soumise à l’appréciation de l’organiste. Il n’y a pas de portée écrite spécifiquement pour cette partie. L’entrée du pédalier est tout de même marquée (par p. ou Ped.), lorsque son utilisation est nécessaire (cantus placé à la basse, facilité

L’auteur présente ainsi lui-même cette œuvre : « Je suis la lumière du monde » magnifique verset de l’Evangile selon St Jean (8 :12), parole de Jésus, m’a inspiré cette œuvre.
Le début de l’œuvre notamment est scintillant, lumineux. Par la suite, plusieurs danses s’enchaînent au cours de l’œuvre. Ces danses de joie sont simplement l’expression du sacré par le croyant face à son créateur, à l’instar du Roi David qui dansa devant l’Arche d’Alliance (2 Samuel 6 :16) Pour la fin, on peut voir une allusion à l’épisode du prophète Elie dans sa grotte (1 Rois 19 : 11-13), où l’Eternel est comparé au murmure d’une brise légère. »
Cette commande du Festival Le Printemps des Orgues pour la finale du Grand Prix d’Orgue Jean-Louis Florentz - Académie des Beaux-Arts a été créé le dimanche 13 mai 2018 à la Cathédrale d’Angers, avec le soutien de la SACEM. Précisons que cette œuvre exige en principe un orgue de trois claviers en 16 pieds… ce qui n’est pas le cas de tous les instruments ! Mais les organistes ont l’habitude de faire avec les moyens du bord !
Daniel Blackstone

Plusieurs choix de registration sont proposés pour l’exécution de cette pièce pour orgue composée sur le thème du Salve Regina. Le chant est joué au pédalier, noyé dans un halo de motifs restreints de doubles ou de triples croches continus et répétitifs, aux deux mains, agrémentés de trilles. Cette pièce a été créée à Paris, le 28 novembre 2009.
Sophie Jouve – Ganvert

Deux organistes, mais un seul orgue… Denbora qui signifie “temps” en basque est une fantaisie rythmique pour deux organistes qui joue avec la division du temps et s’inspire de la musique du Pays Basque, région natale de la compositrice, en particulier du jeu de la txalaparta, instrument de percussion traditionnel. Vers le centre de la pièce apparaît un passage plus nostalgique citant une mélodie basque à la Vierge. L’ensemble est très rythmé, très varié et bien agréable et intéressant à entendre. La partition de comporte aucune indication de registration mais comme la pièce a été enregistrée et est disponible sur You Tube https://www.youtube.com/watch?v=Djtw8BVz7kE , il ne sera pas difficile d’adapter à son propre instrument la registration de Marie-Bernadette Dufourcet et Naji Hakim qui interprètent l’œuvre sur l’orgue de la Cathédrale du Bon Pasteur, à la Quinzaine Musicale de Saint Sébastien. Mais il faudra que l’orgue et les interprètes aient du tempérament... Notons que les éditeurs ont prévu deux exemplaires de la partition pour un travail séparé de l’œuvre par les deux instrumentistes !
Daniel Blackstone

Les Trois Danses Macabres ont été commandées par la Ville de Charleville-Mézières pour la commémoration du cinquième centenaire de la Basilique de Mézières. Pouvant s’interpréter en cycle ou séparément, elles se répondent par de multiples renvois et l’utilisation d’un matériau musical souvent proche. Elles font évidemment référence aux « danses macabres » des peintres du Moyen-Âge, mais surtout elles s’inspirent de la fameuse Légende des trois Morts et des trois Vifs, récit très populaire au XIII° et au XIV° siècle. Ecrites et créées en 1999, ces pièces ont été révisées en 2017. Cette version intègre la possibilité de conter par la voix d’un récitant la légende, qui figure dans la partition. Bien sûr, il ne faudra pas chercher dans les danses une quelconque illustration du texte, qui a d’ailleurs été introduit après coup ; mais il s’agit plutôt d’une évocation, d’une ambiance.

L’auteur présente lui-même ainsi ses pièces : « Loin d’être « dansantes », c’est-à-dire cadencées, les trois pièces développent une gestique en rapport avec la danse archaïque, où l’aspect obsessionnel et tribal prédomine. En cela, le cycle vise plutôt la transe que le divertissement et c’est avant tout ici le plaisir physique de l’interprète qui est exalté. Dans cette perspective, tout en respectant l’esprit du texte musical, il convient d’envisager cette fresque avec une large liberté dans l’interprétation que ce soit en matière de vitesse

On pourra, avant d’aborder cette œuvre, écouter la mélodie grégorienne par les moines de Silos https://www.youtube.com/watch?v=RaroIcQ-cnM , d’autant plus que l’auteur propose de jouer les variations en alternance avec un chœur d’enfants qui chanterait les différents versets. Ces 8 variations forment un ensemble tout à fait séduisant, respectant pleinement l’ambiance du chant en même temps que l’ambiance chatoyante de Noël. Tour à tour méditatives ou flamboyantes, elles demandent, pour être pleinement mises en valeur un instrument de préférence à trois claviers et surtout riche en anches et en mixtures notamment pour la Toccata finale. Courte, chacune de ces variations est extrêmement typée et riche. Ce n’est pas étonnant de la part d’une organiste renommée, titulaire depuis 1989 du grand orgue de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Voilà de la musique qui fait du bien à la fois à l’intelligence et au cœur. Ajoutons qu’on peut écouter sur You Tube une délicieuse version intégrale par l’auteur et les « Petits Chardons » de Saint Nicolas du Chardonnet https://www.youtube.com/watch?v=mWYKK9kyoaI
Daniel Blackstone

« Dans ma Sonate IV, peu de tissages polyphoniques serrés ; davantage que la tendreté soyeuse : une écriture aérée, transparente, une limpide crudité des timbres qui laisse passer le clair, une certaine économie de registrations incluant des effets de mutations obtenus par les dispositions des accords. L’œuvre avance d’un pas léger, l’oreille au vent, l’humeur souriante. » Trois parties dans cette sonate : A l’entour, construite sur une immuable flute de 4’ et un non moins immuable do# à la pédale. Chant d’aurore lui succède, avec le « chant lumineux » de plusieurs flûtes. La troisième, Récif, est construite en contraste avec les deux premières, heurtée, succession de paroxysmes et de silences.


D.B.

Jean-Pierre Leguay, né à Dijon en 1939, organiste, compositeur et improvisateur, a été, en orgue, l’élève d’André Marchal, de Gaston Litaize et Rolande Falcinelli ; en écriture, de Simone Plé-Caussade et, en composition, d’Olivier Messiaen. Après avoir été co-titulaire des Grandes Orgues de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, puis successeur de Pierre Cochereau, en 2016, il est nommé organiste émérite. Titulaire de nombreux Prix, il a enseigné l’orgue et l’improvisation au Conservatoire de Limoges, puis au CNR de Dijon. Organiste concertiste de réputation internationale, il a composé plus de 70 œuvres. Il a créé sa Sonate n°4 (composée entre 2014 et 2016) au Grand Orgue de Notre-Dame de Paris, le 12

ette œuvre, commandée par La quinzaine Musicale de San Sebastian a été créée le 8 août 2016. C’est une musique de concert – heureusement que la France s’équipe peu à peu en instruments de concert… – qui peut être utilisée comme support pour le théâtre ou au cinéma. Elle fait partie d’un projet dédié à la musique à programme. Elle s’inspire des personnages et de certains épisodes du conte de Collodi. Ce sont plus des « tableaux » que des séquences narratives. La partition comporte, en tête de l’œuvre, un programme détaillé des sept séquences et de l’épilogue qui la constituent. Il faudra, pour son exécution, un instrument riche en timbres et doté d’une large palette sonore. Cette utilisation de l’orgue est vraiment à découvrir !

Selon un usage bien ancré, l’apprentissage de l’orgue commence après une bonne initiation au clavier (piano), aux doigtés et au jeu polyphonique en principe indispensable avant d’aborder la technique du pédalier.
Ce manuel propose une approche directe du clavier : position des notes, doigtés pour chaque main... Les organistes en herbe apprécieront les exercices très ciblés et découvriront les secrets du « Roi des instruments » haut perché dans les Églises.


Grâce à la vaste expérience méthodologique de Pierre-Richard Deshayes qui, avec des remarques de bon sens et avec le regard vigilant d’un professeur, ils seront initiés aux éléments de solfège — lecture (clés de sol, de fa) et théorie — et progresseront rapidement. Les commentaires d’une très grande clarté sont associés à des formules à répéter. Comme dans d’autres méthodes (par exemple Alfred Cortot : Les principes rationnels de la technique pianistique, 1928), les élèves s’approprieront de courtes formules, se familiariseront, entre autres, avec les tenues… Ils auront plaisir à jouer immédiatement de petits morceaux (Clochettes de Noël…), puis à découvrir les changements de claviers (Grand Orgue/Récit), le

On pourra aller écouter sur le site de l’éditeur ou sur YouTube l’ensemble des pièces de ce volume ainsi que celles des deux volumes précédents. Trois des quatre pièces présentes dans ce recueil sont écrites « In memoriam pour Patrick, Benoit et Stéphane, disparus trop tôt en pleine jeunesse ». La quatrième, « offertoire des défunts », est une « œuvre courte à programme évoquant successivement plainte, révolte, colère pour finalement s’achever sur un sentiment de paix et de confiance ». L’ensemble est conforme au style habituel de l’auteur. L’écriture peut être jugée romantique, mais est-ce un défaut ? C’est profondément beau, parfois un peu intemporel et pourtant très expressif. La collection dans laquelle l’œuvre de Michel Estellet-Brun est publiée est la collection « Organ Prestige » de Frédéric Denis qui veut enrichir le répertoire de l’orgue d’œuvres contemporaines accessibles techniquement et musicalement. On peut dire qu’avec les œuvres de ce compositeur, il y réussi pleinement.

Même si Daniel Toth est bien alsacien, il a fait, comme on le sait toute sa carrière à Paris, au Sacré-Cœur de Montmartre puis au prestigieux Cavaillé-Coll de Saint Sulpice tout en enseignant dans les plus grandes écoles françaises et étrangères. Le compositeur nous offre ici un poème symphonique sur le thème de la Pentecôte. Le lien des différentes parties est assuré par la mélodie grégorienne du Veni Sancte Spiritus, tandis que les épisodes s’enchainent, reprenant les Actes des Apötres : réunion au Cénacle, venue de l’Esprit sous forme de langues de feu, et une action de grâces où s’exprime la plénitude de l’instrument. Il est inutile de préciser que cette œuvre à la fois grandiose et méditative, ne peut se jouer que sur un grand instrument.

On ne peut que souhaiter le développement de nos classes d’orgue, même si elles ont souvent du mal à subsister. Cette pièce pourra y contribuer par son caractère pédagogique en même temps que musical. Le discours se déroule dans un contrepoint très lisible. Les enchainements harmoniques sont très classiques, mais permettront au jeune organiste de maîtriser la conduite des deux mains soutenues par une pédale en valeurs longues. La deuxième partie charge un peu plus la main gauche et contribuera à l’indépendance des doigts d’une même main. Il s’agit donc d’un petit prélude qui de déparera pas même dans un office.