Le volume 9 de la nouvelle édition Urtext des lieder de Schubert contient ceux composés au printemps et à l'été de 1816, dont certains font suite à des séries commencées en 1815. Disponible pour voix haute, moyenne et basse, ce volume a pu être achevé par l’éminent spécialiste de Schubert, Walter Dürr, malheureusement disparu au début de l’année dernière. Pour le contenu détaillé de ce volume, on pourra se reporter au site de l’éditeur https://www.baerenreiter.com/en/shop/product/details/BA9129/ car il serait trop long d’en énumérer ici tout le contenu. La préface est également passionnante autant que détaillée.
D. Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

L’auteur, elle-même organiste dans le Michigan, a arrangé cet Ave Maria, mélodie anonyme, pour son instrument et soprano. Après l’énoncé du thème en dix mesures d’introduction à l’orgue, la voix entonne l’Ave Maria. Le chant est soutenu par l’orgue au moyen de doublures à la partie supérieure, pendant qu’une autre déroule des volutes de triolets puis de doubles croches. Le pédalier ponctue les temps. Le début du thème apparaît à plusieurs reprises, sans que le texte, lui, soit répété, ce qui donne un côté répétitif et lancinant à cette prière, à l’harmonie moderne, dont la nuance générale va crescendo jusqu’ à l’amen final.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Il est indispensable de citer ici ce qu’écrit Guy Sacre à propos de cette œuvre : « On ne sait pas toujours que Rilke, au soir de sa vie, a écrit quelques poèmes en français. Il en donne un motif admirable au milieu même de son recueil Vergers :

Peut-être que si j’ai osé t’écrire,
langue prêtée, c’était pour employer
ce nom rustique dont l’unique empire
me tourmentait depuis toujours : verger.

Qui peut, mieux que le compositeur lui-même, présenter cette œuvre ? Voici ce qu’il écrit. 
« On m’eût dit, dans mes vingt ans, qu’un jour je mettrais Régnier en musique, je me serais récrié. Le poète des Médailles d’argile ou des Jeux rustiques et divins n’entrait pas dans mon vaniteux petit Parnasse portatif, dont les dieux majeurs se nommaient Mallarmé et Valéry. Curieusement, c’est à la musique que je dois de l’avoir ensuite fréquenté davantage : Le Jardin mouillé de Roussel, un des sommets de la mélodie française, m’a révélé du même coup un sommet de notre poésie. Je confesserai encore ceci : en découvrant les Épigrammes, en décidant de m’en servir, j’ai refoulé une ancienne méfiance, la crainte, en musique, de l’alexandrin, ce vers auquel peut souvent s’appliquer, hélas, un de ceux de Racine : « Sa croupe se recourbe en replis tortueux » … Mais non, j’ai trouvé des vers très purs, sans poids ni pose, auxquels j’espère avoir conservé leur souplesse émouvante, leur merveilleuse ductilité. » On ajoutera simplement que la musique du compositeur est effectivement la parfaite servante des poèmes extraits du Miroir des heures paru en 1914.
D.B.

Dire que Guy Sacre n’appartient à aucune école est évident à l’écoute de ses œuvres profondément poétiques. C’est donc la rencontre de deux poètes qui s’offre ici. Jean Pellerin (1885-1921) qui crée avec Francis Carco, Christian Derème et quelques autres l’« école fantaisiste », trop oubliée aujourd’hui. Les poèmes mis en musique par Guy Sacre sont extraits du Bouquet inutile (1923). Le premier poème s’intitule Ce souffle qui chante. La musique du compositeur fait ressortir à la fois la délicatesse, la légèreté et la nostalgie du poème. Le deuxième s’intitule Quand mon fil se cassera. C’est une méditation sur la mort que le musicien accompagne avec beaucoup de discrétion et de poésie. Disons très simplement que tout cela est très beau et à découvrir absolument.
D.B.

Il est indispensable de citer ici ce qu’écrit Guy Sacre à propos de cette œuvre : « On ne sait pas toujours que Rilke, au soir de sa vie, a écrit quelques poèmes en français. Il en donne un motif admirable au milieu même de son recueil Vergers :

Peut-être que si j’ai osé t’écrire,
langue prêtée, c’était pour employer
ce nom rustique dont l’unique empire
me tourmentait depuis toujours : verger.

Qu’un seul mot, et des plus fragiles, puisse entraîner à tout un exercice, voilà qui doit continuer à nous émouvoir. N’est-ce pas aussi, parfois, par la grâce d’un seul poème, mystérieusement élu, qu’un compositeur se mue soudainement en interprète et tâche, à des mots pourtant définitifs, de donner un surcroît de saveur, sinon de sens ? D’autres,

Qui peut, mieux que le compositeur lui-même, présenter cette œuvre ? Voici ce qu’il écrit. 
« On m’eût dit, dans mes vingt ans, qu’un jour je mettrais Régnier en musique, je me serais récrié. Le poète des Médailles d’argile ou des Jeux rustiques et divins n’entrait pas dans mon vaniteux petit Parnasse portatif, dont les dieux majeurs se nommaient Mallarmé et Valéry. Curieusement, c’est à la musique que je dois de l’avoir ensuite fréquenté davantage : Le Jardin mouillé de Roussel, un des sommets de la mélodie française, m’a révélé du même coup un sommet de notre poésie. Je confesserai encore ceci : en découvrant les Épigrammes, en décidant de m’en servir, j’ai refoulé une ancienne méfiance, la crainte, en musique, de l’alexandrin, ce vers auquel peut souvent s’appliquer, hélas, un de ceux de Racine : « Sa croupe se recourbe en replis tortueux » … Mais non, j’ai trouvé des vers très purs, sans poids ni pose, auxquels j’espère avoir conservé leur souplesse émouvante, leur merveilleuse ductilité. » On ajoutera simplement que la musique du compositeur est effectivement la parfaite servante des poèmes extraits du Miroir des heures paru en 1914.
D.B.

Dire que Guy Sacre n’appartient à aucune école est évident à l’écoute de ses œuvres profondément poétiques. C’est donc la rencontre de deux poètes qui s’offre ici. Jean Pellerin (1885-1921) qui crée avec Francis Carco, Christian Derème et quelques autres l’« école fantaisiste », trop oubliée aujourd’hui. Les poèmes mis en musique par Guy Sacre sont extraits du Bouquet inutile (1923). Le premier poème s’intitule Ce souffle qui chante. La musique du compositeur fait ressortir à la fois la délicatesse, la légèreté et la nostalgie du poème. Le deuxième s’intitule Quand mon fil se cassera. C’est une méditation sur la mort que le musicien accompagne avec beaucoup de discrétion et de poésie. Disons très simplement que tout cela est très beau et à découvrir absolument.
D.B.

Tilman Michael a compilé et édité ces neuf chœurs pour chœur mixte extraits d’opéras célèbres dans un recueil qui comporte les chœurs et la réduction d’orchestre au piano. Le choix est large puisqu’il va de Monteverdi à Tchaïkovsky. Les textes sont donnés dans la langue d’origine, ce qui nous vaut, pour le dernier extrait, un bien utile supplément sur la prononciation du texte russe. La préface remet en situation dans leurs opéras respectifs, les différents chœurs proposés. Ajoutons enfin que les chœurs ont été également choisis en fonction de leur intérêt musical. Nous savons que tous les chœurs d’opéra ne se valent pas… mais ne soyons pas cruel !
Daniel Blackstone

Voici donc une nouvelle édition critique de ces œuvres de Dvořák par Veronika Vejvodová. La préface trilingue (tchèque – allemand – anglais) permet de comprendre la genèse et l’histoire de ces pièces, et surtout des textes. En effet, le cycle des Gypsy Songs op. 55 sur les poèmes du poète tchèque Adolf Heyduk, a été écrit au début de 1880 à la demande du ténor bohémien Gustav Walter, membre de l'Opéra de la cour de Vienne et dédicataire de l'œuvre. Les poèmes tchèques ont été traduits en allemand par le poète lui-même, ce qui a permis de respecter pleinement l’esprit de l’œuvre. Une version anglaise a été réalisée peu de temps après. Les trois textes se trouvent dans la présente édition qui comporte par ailleurs de copieuses indications critiques en fin de volume.
Daniel Blackstone

Charles Bordes (1863 – 1909) est surtout connu par les historiens de la musique comme fondateur, avec Guilmant et d’Indy de la Schola Cantorum. Rappelons qu’on y redécouvre le Plain-Chant, Victoria, Palestrina… mais on y encourage aussi une production contemporaine de qualité. Mort prématurément à quarante-six ans après une attaque d’hémiplégie six ans plus tôt, Charles Bordes n’a pas eu le temps d’être reconnu comme le compositeur marquant qu’il aurait pu être. Son œuvre est essentiellement composée de mélodies pour piano ou orchestre et voix. Les quatre réunies dans Paysages tristes constitue le premier cycle de mélodies françaises consacré aux poèmes saturniens de Paul Verlaine. Ces mélodies forment un ensemble avec des thèmes récurrents dans un langage chromatique très expressif soulignant le côté crépusculaire des poèmes. C’est vraiment très beau et à découvrir sans tarder. Il en existe un enregistrement dans un disque remarquable regroupant œuvres pour piano et mélodies de Charles Bordes par Sophie Marin-Degor soprano, Jean-Sébastien Bou baryton et François-René Duchâble piano aux éditions Timpani : http://www.timpani-records.com/1c1196.php
Daniel Blackstone

« Cette mélodie aux harmonies modernes écrite pour voix soprano avec accompagnement piano, décrit le triste parcours d’une larme née de la peine ressentie lors de la perte d’un enfant. » Le texte, écrit dans une prose poétique rythmée est de Rose-Marie Jougla elle-même et dédié à son frère. L’ensemble est lent et méditatif. Il demande évidemment une belle technique vocale. L’accompagnement de piano suggère discrètement le cheminement de la larme tandis que la voix suit au plus près les inflexions du texte. Laissons de nouveau la parole à l’auteur : « L’interprétation des musiciens demande beaucoup d’expression et de sensibilité afin de pouvoir restituer une ambiance particulièrement difficile, souhaitée. » Que dire de plus devant une œuvre si personnelle, sinon qu’elle a la qualité habituelle des œuvres de l’auteur ?

sur des poèmes du XVI ème siècle pour baryton et piano. Editions Delatour France DLT2734.

Le premier Lamento est composé sur un poème de Christofle de Beaujeu (1589). Cette mélodie offre la particularité de pouvoir être chantée indifféremment par une voix de femme ou par une voix d’homme. L’écriture musicale en est assez « classique » et sobre, mais fait usage de modulations surprenantes. On y voit la volonté de l’auteur de transcrire la douleur du poète. L’auteur n’hésite pas à citer le Voyage d’hiver (Das Wirtshaus) pour signifier l’approche de la mort. Le deuxième Lamento, sur un poème de S.G. de la Roque est écrit pour baryton afin de souligner le caractère sombre du texte. « Les images de la nature et du Styx, fleuve mythologique, sont rendues musicalement par des formules de gammes et d’arpèges ondoyants qui doivent peu à peu engloutir le chant ». Les sonorités étranges et pleines contrastent avec le dépouillement du texte. Le troisième Lamento, aussi écrit pour baryton, sur un poème d’Agrippa d’Aubigné décrit la fatalité (par les « accords inexorables du piano ») et l’espérance (« lyrisme du chant »). Le choix des accords provoque les changements d’atmosphère et de couleur, la « polytonalité » surprend, la simplicité rythmique met en valeur la force du texte.

Nicolas CHEVEREAU : Cinq poèmes de Baudelaire pour baryton et piano. Editions Delatour France : DLT2733.

Ce cycle de cinq mélodies est composé sur un extrait du recueil Les fleurs du mal de Baudelaire : Spleen et Idéal. L’auteur en transcrit la « noirceur » et la « morbidité ». « Les courbes musicales répondent aux phrasés naturels de la langue parlée dans un souci très scrupuleux d’intelligibilité des poèmes ». Ciel brouillé est noyé dans une atmosphère sombre, enveloppée de pédale. Remords posthume, tantôt agité, tantôt féroce ou fiévreux est plus « construit » : trois parties en « arche ». Les tierces jouées avec la seule main gauche au début, dans l’extrême grave du piano, donnent le caractère lugubre de la troisième pièce : Les ténèbres. Psalmodie et recueillement dans le De profundis clamavi qui débute quasi recitativo. L’écriture plus légère, la tessiture plus aigüe, les mesures ternaires de l’Elévation conduisent à l’«irréel » et à l’« évanescent ».

pour soprano. Bärenreiter : BA 8828.

Les éditions Bärenreiter ont eu l’excellente idée de regrouper en un recueil de douze pièces d’airs d’opéra du répertoire allant de Monteverdi à Chabrier, le tout extrait de leurs différentes publications « Urtext ». L’ensemble est donc de grande qualité et extrêmement varié. Ce recueil rendra service tant aux professeurs de chant et à leurs élèves qu’aux chanteurs cherchant à constituer un récital. Bien sûr, chaque œuvre figure dans sa langue d’origine et le choix proposé est tout à fait judicieux. Il s’agit donc d’une initiative tout à fait intéressante.

Noël LEE : Deux sonnets partagent la ville pour mezzo-soprano et piano. Delatour : DLT1223.

Le texte de cette œuvre est un sonnet de Pierre Corneille à propos de deux sonnets qui mettaient la zizanie à la cour comme à la ville. Nous n’entreprendrons pas ici de conter cette histoire. Noël Lee s’y emploie dans un langage contemporain avec infiniment d’esprit. Les deux « partenaires », pour employer le vocabulaire qu’affectionnait l’auteur, s’en donnent à cœur joie dans cette œuvre pleine d’invention et d’humour.

Noël LEE : Réponse à l’esprit des bois pour baryton et piano. Delatour : DLT1222.

Nous n’épiloguerons pas sur les rapports difficiles d’Hugo avec la musique. Etait-il intransigeant ou seulement exigeant à ce sujet ? Toujours est-il que sous le poème d’Hugo, Noël Lee crée une ambiance sonore tout à fait spéciale. Il faut, pour exécuter cette œuvre disposer d’un piano muni d’une « pédale tonale » ou pédale de sostenuto. Cela est indispensable pour créer l’ambiance sonore : le texte musical est ainsi placé dans une sorte d’enceinte acoustique qui crée un halo sonore variable tout au long de cette pièce en vers de quatre pieds qui lui donnent un rythme très particulier. Comment ne pas penser au Pas d’arme du roi Jean en vers de trois pieds…

Mårten JANSON : Missa brevis en mi bémol mineur. SATB. Bärenreiter : BA 8521.

Qu’on ne se laisse pas effrayer par le nombre de bémols : cette messe effectivement brève, ce qui est aujourd’hui une condition quasi obligatoire pour qu’elle soit entendue dans son cadre naturel, c’est-à-dire une messe, est très consonante, ce qui ne veut pas dire plate. Le langage en est à la fois sobre et délicat. Bien que brève, elle contient toutes les parties de l’ordinaire. Au kyrie largo rubato succède un Gloria en fa Majeur, triomphal et lumineux, Adagio. Puis nous trouvons le Sanctus en solb majeur avec le Benedictus inclus. L’Agnus, largo rubato comme le kyrie et dans la tonalité de mib mineur est structuré par une succession longue brève-brève longue très souvent présente comme une sorte d’ostinato rythmique. En un mot, c’est une belle œuvre accessible à des chœurs amateurs bien entrainés. Souhaitons-lui un grand succès.

Laurent COULOMB : Missa Mundi pour 3 vois égales sans accompagnement. Assez facile. Delatour : DLT2611.

Cette messe, qu’on pourrait aussi qualifier de « brève », puis qu’elle ne comporte que Kyrie, Sanctus et Agnus, est née d’une réflexion sur la diversité des cultures. Celle-ci est illustrée d’abord par les différents modes utilisés mais aussi par les différentes langues. Si la messe peut être aussi chantée intégralement en latin (sauf, bien sûr, le kyrie qui, rappelons-le, est du grec…), elle fait appel très naturellement à l’italien, l’allemand, l’espagnol, l’anglais et le français, mais aussi, brièvement, swahili, arabe et hébreu… Laissons conclure l’auteur : « La construction musicale s’appuie sur un matériau simple, qui circule d’une partie à la suivante et unifie l’ensemble de l’œuvre à la fois musicalement et dans sa portée théologique. »

TELEMANN : Christus, der ist mein Leben TVWV 1 : 138. Bärenreiter : BA 5897.

Les éditions Bärenreiter nous présentent cette œuvre extraite de l’édition des œuvres de Telemann. L’édition ainsi que la copieuse et très intéressante préface sont de Ute Poetzsch. Ce « Choralbearbeitung » est donc composé des huit strophes du choral luthérien, sobrement commentées, et entrecoupées par de très courts récitatifs. L’ensemble est écrit pour chœur à quatre voix mixtes, deux hautbois, orchestre à cordes et orgue. On peut y adjoindre une contrebasse.

TELEMANN : Die Auferstehung und Himmelfahrt Jesu (La résurrection et l' ascension de Jésus). TWV 6 : 6. Oratorio sacré pour chœur et orchestre. Bärenreiter : BA 5851.

Voici une fort belle édition de cette œuvre très importante de Telemann. Lorsqu’on ouvre ce magnifique volume relié, on est séduit par la qualité de l’impression, du papier, des fac-similés. Il faut saluer aussi la qualité de la présentation de Ralph-Jürgen Reipsch ainsi que celle de sa copieuse description des sources et du travail réalisé pour cette édition. Bien sûr, la partition elle-même est à la hauteur de tout le reste. Bref, c’est un travail en tout point remarquable sur une partition qui ne l’est pas moins.

Laurent COULOMB : Les chants de Sayat-Nova. Cantate de chambre pour baryton et ensemble. Assez difficile. Delatour : DLT2617.

récisons tout de suite que l’ensemble dont il est question n’est pas commun puisqu’en plus du quatuor à cordes, il comporte un doudouk (instrument à anche double typique de la culture arménienne) et un piano. Cette cantate est écrite sur un poème de Sayat-Nova, poète arménien né en 1712 et assassiné en 1795. Le poème est l’ode n°3 des Odes arméniennes. L’œuvre comporte quatre pièces réparties en deux parties : Prélude, L’inégalée, et Tourments, Prière. Ce très beau poème est mis en valeur avec beaucoup de délicatesse dans un langage qui se veut « simple et euphonique », parfois modal, parfois atonal. Il faut lire non seulement la présentation figurant sur le site de l’éditeur mais celle, très développée, qui se trouve au début de la partition pour pouvoir rendre pleinement justice à cette œuvre captivante et originale. Précisons que le texte est chanté dans sa traduction française.