Le goût affirmé du compositeur pour les petites formations de chambre est toujours actuel. Cette pièce pour deux bassons d’environ huit minutes trente affectionne le mélange de différentes techniques contemporaines avec des éléments plus traditionnels, « de façon à forger un langage personnel où se côtoient librement atonalité, modalité, chromatisme, modes de jeux et textures sonores ».
Son point central reste le travail sur le son de l’instrument au travers d’une écriture rigoureuse mais libre dans la pensée, d’où le titre Carpe Diem.
En effet l’univers sonore est très recherché. On y trouve une forme en arche où l’on commence et on termine pianississimo. Au centre sont présentes beaucoup de cassures sonores, avec par exemple un endroit où l’on passe de fortissimo flaterzung à pianissimo, comme si cette pièce racontait l’histoire d’une vie ou d’une journée où l’on se réveille dans ce monde dans lequel on s’agite en crescendo jusqu’à l’âge central, puis decrescendo jusqu’au moment où l’on s’endort.
Lionel Fraschini