Franz Joseph HAYDN : La Création. Irmgard Seefried, soprano, Richard Holm, ténor, Kim Borg, basse. Chœur de la Cathédrale Sainte-Edwige. Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Igor Markevith. Wolfgang Amadé MOZART : Esulate jubilate : Elisabeth Schwarzkopf, soprano. Orchestre Philharmonia, dir.: Walter Susskind. 2CDs JADE (www.jade-music.net) : CD 699 846-2. TT : 75' 11 - 46' 29.

Les Éditions JADE viennent d'éditer la remasterisation de la version historique (Hambourg, 1958) de La Création dirigée par Igor Markevitch, avec le concours de solistes que l'on réécoutera avec grand plaisir : la Soprano Irmgard Seefried (Gabriel et Ève), le Ténor Richard Holm (Uriel), la Basse Kim Borg (Raphaël, Adam), le Chœur de la Cathédrale Sainte-Edwige et le célèbre Orchestre Philharmonique de Berlin. Le programme est complété par le Motet Exultate, jubilate de Wolfgang Amadé Mozart, interprété par Elisabeth Schwarzkopf (Soprano) et l'Orchestre Philharmonia, sous la direction de Walter Susskind (1948).

Josef Haydn collabora étroitement, pendant deux ans environ, avec le Baron Gottfried van Zwieten (1733-1803). Le livret s'inspire de la Genèse et des Psaumes, ainsi que du Paradise lost (1667) de John Milton (1608-1674). L'œuvre a été créée en privé le 30 avril 1798 et, en public, en 1799. Elle connut un succès retentissant. Le premier CD comprend la Première Partie de La Création, avec les différentes interventions du chœur et des principaux protagonistes : Raphaël, Gabriel et Uriel et un Chœur avec solistes. Il en sera de même dans la Deuxième Partie, avec Récitatifs, Airs, Chœur et Trios. Le second disque : Troisième Partie, fait alors intervenir Adam et Ève. Les six premiers jours de la création du monde sont évoqués musicalement et donnent lieu à des récits descriptifs faisant appel à la traduction figuraliste des images et des idées du texte, sans négliger le souffle épique, l'impact expressif et la portée spirituelle de La Création. L'atmosphère générale est à l'admiration ; le chaos initial aboutit à l'arrivée du couple Adam et Ève, au sixième jour. Ils « glorifient Dieu pour l'éternité » (Wir preisen dich in Ewigkeit) et remercient le Créateur. Ce n'est qu'à l'avant-dernier numéro que figure l'allusion au péché originel. En conclusion, le Chœur avec solistes proclame : Singt dem Herren alle Stimmen (Que toutes les voix chantent au Seigneur… La gloire du Seigneur est éternelle). L'ensemble se termine sur une double fugue magistrale ; la conclusion de l'œuvre est assez abrupte. La version historique d'Igor Markevitch révèle les conceptions esthétiques baroques en usage au milieu du XXe siècle ; elle permet aux mélomanes avertis de retrouver des voix célèbres et cette œuvre monumentale dont le succès ne se dément pas au cours des siècles.