Comme le titre de cet album ne l’indique pas, le programme de cet enregistrement comprend en fait les deux quintettes pour clarinette et quatuor à cordes de Mozart (K. 581) et de Weber (Op. 34). Deux pièces majeures et incontournables du répertoire de tout clarinettiste. Pièces célèbres, certes, dont les versions de référence ne manquent pas, c’est dire le niveau d’excellence qu’un tel enregistrement présuppose…Pari audacieux mais pari parfaitement réussi pour le clarinettiste français Pierre Génisson associé pour l’occasion au Quartet 212 composé de solistes du Metropolitan Opera de New York. Si le premier album de Pierre Genisson en compagnie de David Bismuth au piano (« Made in France ») avait recueilli tous les suffrages dans le répertoire français (Debussy, Chausson, Saint-Saëns, Poulenc, Massenet), il ne fait pas de doute que celui-ci récoltera les mêmes louanges tant la profondeur et la finesse de l’interprétation le dispute à la virtuosité et à la facilité technique.

Il n’est pas nécessaire de rappeler, ici, les liens familiaux unissant les deux compositeurs avec toutefois une génération de décalage, l’un appartenant à la fin de l’époque classique, l’autre au début du Romantisme. Deux compositions bien différentes, profonde, pure, lumineuse et intime pour Mozart, sans doute plus théâtrale, exubérante,

brillante et virtuose pour Weber, mais une même qualité superlative d’interprétation où la rondeur de la sonorité de la clarinette, la netteté et la souplesse du phrasé, le sublime du legato répond à la brillance et à la douceur des cordes dans un dialogue d’une émouvante splendeur. Un album qui ne tardera pas à s’imposer comme une nouvelle référence. Bravo !