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Catégorie : CDs&DVDs

Les Wiener Symphoniker (orchestre) occupent une place prépondérante dans la vie musicale viennoise et sont, depuis la fin du XIXe siècle, à l’origine de nombreuses créations (Anton Bruckner, Richard. Strauss, Arnold Schönberg). Ils ont été dirigés notamment par Bruno Walter, Richard Strauss, Wilhelm Furtwängler et, plus récemment, par Herbert von Karajan (1950-1960) et Wolfgang Sawallisch (1960-1970). Depuis 2014, leur chef est le suisse Philippe Jordan. En 1994, il est admis au Conservatoire de Zurich et obtient le diplôme de professeur de piano. Après avoir été maître de chapelle au Théâtre d’Ulm, il assiste Daniel Barenboïm à l’Opéra Unter den Linden de Berlin, puis s’impose sur le plan international.

Il est depuis 2009 directeur musical de l'Opéra national de Paris. En 2014-15, il enregistre ses versions de la Symphonie inachevée en si mineur (D 759) et de la Symphonie n°9 (8 selon le disque) en Do majeur (D 944) — appelée « La Grande » — de Franz Schubert (1797-1828).
La composition de l’Inachevée, commencée le 30 octobre 1822, a donné lieu à de nombreux commentaires. Elle comprend deux mouvements : Allegro moderato à 3/4,

introduit par un thème en si mineur énoncé au violoncelle, gravé dans toutes les mémoires, avec exposition, réexposition et développement. L’Andante con moto en Mi majeur, à 3/8, comporte deux thèmes : le premier en Mi majeur, le second en ut # mineur, énoncé à la clarinette puis au hautbois. En fait, une version pianistique du Scherzo et l’orchestration de deux pages ainsi qu’un fragment mélodique pour le Trio nous sont parvenus, toutefois la partition a fait l’objet de tentatives de reconstitution. Ce CD en présente les deux premiers mouvements.
La « Grande » Symphonie a été composée en 1825-26. Elle est structurée en 4 mouvements. Andante à 2/2, avec un thème très appuyé confié aux cors à l’unisson et qui sera largement développé. L’Allegro ma non troppo privilégie le rythme pointé et un motif aux trompettes contrastant avec le second sujet très tendu, puis le motif proche de celui de l’Andante est énoncé par les trombones, suivi du rappel du thème de l’Andante. Le deuxième mouvement à 4/4 : Andante con moto, avec un thème rythmique exposé au hautbois, qui sera largement développé, se termine énergiquement. Le Scherzo. Allegro vivace en Ut majeur, très dynamique, avec Trio en La majeur, s’apparente à la forme sonate et conclut sur un appel des cors. Le Finale. Allegro vivace en Ut majeur (ton de la symphonie), de caractère très monumental, avec un grand travail mélodique, se présente comme une triomphale marche en avant. Chef-d’œuvre d’un compositeur alors âgé de 29 ans.
Les Wiener Symphoniker, sous la baguette si efficace de Philippe Jordan, selon leur tradition bien établie, s’imposent notamment par leur paysage sonore exceptionnel et leur sens du dynamisme. L’Orchestre se joue de tous les traquenards techniques en parfaite connivence avec les intentions compositionnelles de Franz Schubert. Ses deux Symphonies, par ailleurs souvent galvaudées, bénéficient d’une interprétation typiquement viennoise : Philippe Jordan a signé deux versions de référence.