Fritz Spengler, célèbre contreténor allemand, a regroupé 9 Airs très connus de Haendel, deux œuvres de Johann Heinrich Schmelzer (1623-1680), ainsi que 4 nouveaux Airs d’Adam Krieger (1634-1666). Il est soutenu par Christian Voss (violon baroque et viole d’amour) et l’Ensemble Contrapunctus. Cette réalisation du Label Kanglogo, à l’initiative de RONDEAU PRODUCTION, datant de 2017, donne un aperçu de l’esthétique de l’air baroque — religieux et profane — cultivé en Allemagne par Haendel et ses prédécesseurs.


Johann Heinrich Schmelzer (autrichien né en 1623, mort à Prague en 1680) a été membre de la Chapelle royale à Vienne, puis vice-maître de chapelle et ensuite maître de chapelle de Léopold Ier. Lors de la peste en 1680, il s’est installé à Prague. En 1668, il a composé son ballet : Musikalische Fechtschul qui évoque en musique l’école d’escrime. Il comprend deux Airs (pétillants et bien scandés, suivis de deux brèves danses : Sarabande et Curente, puis du ballet proprement dit, descriptif et percutant (coups d’épée), et se termine par un Air misant sur l’émotion. (Il s’agit d’airs sans paroles).


Adam Krieger (né en 1634 en Pologne, mort en 1666 à Dresde), spécialiste de Lieder et Chorals, appelé en 1657 à la Cour de Saxe par le Prince-Électeur Johann Georg II, y a été organiste en 1658. Il a composé les textes et les mélodies de ses Airs profanes et spirituels (dont 2 sont enregistrés en première mondiale) ; ils ont pour thèmes l’amour, l’amitié, les dons de Dieu…
Enfin, la partie la plus importante de ce disque porte sur 9 Airs allemands de G. Fr. Haendel (HWV 202-210) composés à Londres. Il s’agit de ses dernières adaptations de poèmes allemands qui reposent sur des textes de son contemporain Barthold Heinrich Brockes (1680-1747). Une riche participation instrumentale soutient la voix du jeune contreténor allemand. Les thèmes abordés par le librettiste — bien connu par sa BrockesPassion — sont, entre autres, la gloire et la bonté du Créateur, la louange de Dieu, avec également des allusions lyriques aux buissons, à la rose, « ornement de la terre »... Fritz Spengler réussit à en traduire les moindres nuances poétiques et musicales. Anthologie d’Airs baroques : à retenir.