L’organiste Matthias Grünert, souvent présenté dans la Lettre d’information, a eu l’excellente idée de reconstituer et d’interpréter le programme que J. S. Bach — chargé d’inspecter le nouvel Orgue Gottfried Silbermann (1683-1753) à la célèbre Frauenkirche de Dresde — y avait joué le 1er décembre 1736. Il s’agit donc d’un document historique (à partir de recherches d’archives), non plus interprété au nouvel orgue d’alors, mais à celui de la manufacture alsacienne Kern et Fils, après la reconstruction de l’édifice détruit lors de la Seconde Guerre mondiale.


Selon toute vraisemblance, les œuvres ont dû retentir en ce lieu, il y a 280 ans, sous les doigts du Cantor de Leipzig. Elles ne sont plus à présenter aux mélomanes et amis de l’orgue : Toccata et Fugue en ré mineur (BWV 538), si souvent galvaudée ; Sonata n°3 dans la même tonalité (BWV 527), œuvre redoutable, ainsi que le Prélude de choral (Choralvorspiel) Allein Gott in der Höh sei Ehr (BWV 663) ou encore quelques chorals provenant du Recueil de Schübler (BWV 645-650). À noter une pièce rarement enregistrée : l’Aria (BWV 988.1) extraite des célèbres Variations Goldberg. Bach était un hôte à la Frauenkirche ; Matthias Grünert, le dynamique cantor et

organiste, y règne en maître.