À l'occasion de l'« Année de la Corée en France », lancée le 18 septembre 2015, et de l'« Année de la France en Corée », en 2016, la flûtiste coréenne Soyoung Lee (ayant remporté plusieurs Concours aux États-Unis, puis fait carrière en Corée, notamment comme flûte solo au Bucheon Orchestra à Séoul) et l'Ensemble of Tokyo, dirigé par Chang-Kook Kim, sous le titre : Vers le Romantisme, proposent un programme avec 3 Concertos de flûte.

 

Celui du violoncelliste et compositeur allemand de musique de chambre Bernhard Romberg (1767-1841), pour flûte et orchestre en si mineur (op. 30), est structuré en 3 mouvements. À l'Allegro maestoso de caractère entraînant, marquant la transition entre classicisme et romantisme, succède un Andante grazioso dans lequel la flûtiste s'impose d'emblée par sa sonorité ronde à côté de la couleur plus sombre de l'orchestre, et par son remarquable phrasé ; enfin, le Rondo plus enlevé dans lequel elle fait preuve de grande maîtrise technique (coups de langue, entre autres), interprété en parfaite symbiose avec l'orchestre.

Saverio Mercadante (1795-1870), surtout compositeur d'Opéras mais aussi de musique religieuse, soigne tout particulièrement la flûte soliste dans son Concerto en mi mineur (op. 57), datant de 1814, alliant fantaisie, lyrisme et élégance. Il spécule sur l'opposition entre le soliste et l'orchestre et entre les mouvements : Allegro maestoso, plus développé ; Largo de caractère intériorisé contrastant avec le célèbre Rondo Russo, pétillante marche en avant, remarquablement bien phrasée et servant de conclusion à ce brillant Concerto.

Le troisième volet de Récital est consacré à François Devienne (1759-1803), flûtiste et bassoniste français, professeur de flûte au Conservatoire, puis administrateur, célèbre notamment pour ses Concertos et sa Méthode de flûte (1794). Celui en mi mineur, si souvent galvaudé, s'impose ici dès les premières mesures. Dans l'Allegro, Soyoung Lee se joue de tous les traquenards techniques notamment dans les passages à découvert ; elle est énergiquement soutenue par l'orchestre. En revanche, l'Adagio, moins développé, est particulièrement expressif, et le Rondo, allegretto poco moderato conclusif, très bien enlevé, est en perpétuel mouvement. L'interprétation témoigne de la parfaite connivence entre soliste coréenne, chef japonais et producteur français. Excellente démonstration d'une esthétique en marche vers le Romantisme.