Yves Henry, pianiste et compositeur, élève notamment de Pierre Sancan et d'Aldo Ciccolini, est l'un des meilleurs spécialistes de Frédéric Chopin et de Frnz Liszt. Pour ce récital, il se produit d'abord à un Piano à queue de Pleyel (1837) — acheté en 1839, avec un chevalet à double étage, actuellement propriété de la ville de Croissy — dont le paysage sonore est parfaitement adapté aux œuvres de Chopin et de Schumann.

De ce dernier, il interprète avec infiniment de transparence les Variations sur le Nocturne n°3 en Sol Majeur de Chopin, ainsi que Kreisleriana (op. 16), en 8 mouvements contrastés, de caractères, tour à tour, mouvementé, intériorisé, exacerbé, lent, très animé, très rapide, très lent, dont il traduit fidèlement les moindres insinuations. Il en est de même de sa Fantaisie (op. 17), très développée (CD 2, pl. 1-3), interprétée sur un Piano à queue d'Érard (26 octobre 1845), modèle rarissime convenant aussi parfaitement aux œuvres de Liszt, et plus particulièrement à sa Sonate en si mineur (CD 2, pl. 4-6), très contrastée, avec des oppositions de mouvements : Lento puis Allegro energico, Andante sostenuto, Allegro energico. Ce coffret se termine aux accents de Funérailles, extrait de ses Harmonies poétiques et religieuses. Yves Henry conclut en citant cette phrase attribuée à Chopin : « Quand je suis un peu fatigué, je prends le piano d'Érard car le son est tout fait, mais quand je suis en forme, alors je prends le piano de Pleyel car je peux faire ma propre sonorité. » Constat aussi valable pour ces Dédicaces aux trois musiciens romantiques et la recherche de sonorités adéquates. L'excellent interprète et ces deux pianos s'affirment comme remarquables défenseurs du Romantisme allemand et de la facture française.