Adolphe BLANC : Œuvres pour alto et piano. Vol. 1. ACTE PRÉALABLE (www.acteprealable.com ). AP 0458. 2019. TT : 57’ 56.

Le Label polonais multiplie les premiers enregistrements mondiaux et s’attache à diffuser des œuvres de compositeurs polonais et étrangers injustement oubliés. Après les enregistrements récents de René de BOISDEFFRE (1838-1906), voici Adolphe BLANC (né à Manosque en 1828, mort à Paris en 1885). Après ses études (violon, composition, histoire de la musique) au Conservatoire de Paris, il a beaucoup écrit essentiellement pour la musique de chambre voire de salon, cultivant les formes classiques : sonate, sonatine, romances, duo, trio, quatuor, quintette, septuor, valse, barcarolle…, pages publiées chez Richault et Lemoine... Marcin Murawski — altiste, chef et enseignant, interprète attitré du Label Acte Préalable — propose ses arrangements de la Barcarolle (op. 11) ; de la Romance (op. 10) pour alto et piano ; de la Sonate (op. 12, n°1) tripartite (avec Scherzo central, au lieu d’un mouvement lent habituel) et de la Sonate (op. 13, n°2). Avec la pianiste géorgienne Nino Jvania — titulaire de nombreux Prix internationaux, dont la maîtrise technique et le grand pouvoir de concentration ont fait l’admiration unanime des critiques — ils s’adonnent à cette musique agréable et élégante, non dépourvue de virtuosité et nous replongent dans l’univers des salons parisiens. Révélation à ne pas manquer.


Édith Weber
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Tassis Christoyannis, Jeff Cohen : Reynaldo Hahn - Complete Songs piano -2019 BZ2002

Voici un coffret qui n’a pas son pareil : au-delà des sempiternelles rééditions et des œuvres « du répertoire », il nous plonge dans l’inconnu sans pour autant nous perdre totalement ; il met en effet à notre disposition toutes les mélodies de Reynaldo Hahn, compositeur que nous connaissons peut-être, mais seulement par touches. La discographie le concernant est pourtant très riche (Cf. le site reynaldo-hahn.net pour nous en convaincre). Cette édition est réalisée par la Fondation du Palazetto Bru Zane qui nous enchante depuis des années par des parutions discographiques mettant à notre portée des œuvres jusque-là introuvables. La Fondation met cette fois à notre disposition l’intégrale des mélodies qui ont fait le succès de Reynaldo Hahn. Au-delà des œuvres les plus célèbres comme D’une prison, Seule, Infidélité, À Chloris, ou Sur l’eau… on peut découvrir les recueils des Études latines, des Chansons grises (dont L’heure exquise) ; tout cela s’accompagne d’autres chefs d’œuvre du genre : les recueils des Feuilles blessées, des Five Little Songs, trois étonnantes chansons de la « Dame aux camélias », les Rondels… Cent sept mélodies pour notre plus grand plaisir ! Le baryton Tassis Christoyannis, d’une voix généreuse et large, aborde cet immense corpus avec une subtilité qui épate. A chaque cycle, chaque recueil, il donne une couleur et une singularité qui leur confèrent une unité stylistique en évitant ainsi une lecture redondante et uniforme. Ce lourd défi est relevé également par une prononciation quasi parfaite, en français comme en vénitien et en anglais : un régal pour une compréhension directe et limpide de ces pièces si courtes qui ne souffrent pas l’à-peu-près. Jeff Cohen, accompagnateur qu’on ne présente plus, est au service du chanteur – cela se devine -; il applique une rigueur dans la lecture de la partition pour en faire briller les subtiles déclinaisons du jeu pianistique. Chacune des mélodies est un monde en soi, et ces deux artistes nous en font goûter toutes les particularités. Les quatre disques regroupent adroitement les différents volumes et recueils, ce qui en rend l’écoute globale très agréable. Un livret à la hauteur qui satisfait les plus exigeants. La discographie de la mélodie française au tournant du XXe se trouve enfin enrichi de ce corpus qui lui manquait cruellement. Merci donc à Bru Zane pour cette heureuse initiative que les spécialistes et tous les musiciens ne manqueront pas de saluer.
Émile Lyon
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Florent NAGEL : Livre pour piano. AZUR Classical. Distribution SOCADISC (Laurent WORMS, attaché de presse : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). AZC 158. 2017. CD : 55’ 03.

Paru dans la Collection du Festival International Albert Roussel, ce Livre pour piano aborde les formes traditionnelles : prélude et fugue, étude, invention, toccata, canon ; a recours à des techniques spécifiques : quartes, octaves, quintes ; glissements, et propose en annexe des Exercices pour les doigts. Il s’agit d’une synthèse avec, en plus, un Hommage à LIGETI et RAUTAVAARA (musicien finlandais), soit 17 œuvres au total, avec leurs dédicataires dont Nicolas BACRI.
Formé en piano par André Dumortier (1910-2004), en composition par Marcel Bitsch et Claude Ballif, Florent NAGEL (né en 1979) — auteur du conte musical Alice au pays des merveilles — a créé son Livre pour piano (publié aux Éditions Alphonse Leduc), le 12 novembre 2016, au CRR de Paris, dans le cadre des Concerts Cantus Formus. Il traite avec une grande aisance l’écriture contrapunctique, associée à une facture rythmique variée et ingénieuse. À relever le canon (pl. 14), très élaboré, avec des modulations très subtiles ; l’élan de la Fugue en ut (pl. 17) ; l’utilisation de toute l’étendue du clavier, la transparence de la Bagatelle (pl. 16) ; l’exploitation des intervalles de secondes mineures chromatiques et, par dessus tout, la recherche d’équilibre.
Comme l’observe si judicieusement Damien Top (livret, p. 7) : « à la fois logique, frénétique, séducteur ou impulsif, Florent NAGEL nous livre ici avec une confondante maîtrise ce qu’il considère comme le meilleur de son Art ».
Édith Weber
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Anna KAVALEROVA : Thèmes & Variations. SCHUMANN-RACHMANINOV-KAPUSTIN. SOLO MUSICA (www.solo-musica.de). 2019. SM324. TT : 57’ 42.

Pour son premier enregistrement, la jeune pianiste russe Anna Kavalerova, formée à Moscou et en Israël, assumant une carrière internationale, s’attaque à Robert SCHUMANN, Sergei RACHMANINOV et fait découvrir Nikolaï KAPUSTIN (né en 1937 en Ukraine, à Gorlovka) arrangeur, interprète et compositeur russe, jazzman malgré lui (car il réfute l’improvisation non écrite).
Son disque, placé sous le signe Thèmes & Variations, s’ouvre sur les célèbres 16 Études symphoniques (op. 13) de Robert SCHUMANN, très élaborées, qu’elle enchaîne avec maîtrise et détermination. Suivent les Variations sur un thème de Corelli (op. 42) — véritable somme pianistique — composées en 1931 par Sergei RACHMANINOV. L’intérêt de ce redoutable programme est encore rehaussé par les Variations (op. 41) de Nikolaï KAPUSTIN, compositeur russe à découvrir, qui n’a rien à envier à George Gershwin (qui meurt l’année de sa naissance)… ; il préconise une structure relativement classique marquée par des accents aux rythmes de jazz et une certaine dose d’humour.
Tout au long de ces trois œuvres enregistrées en Israël, Anna Kavalerova met en valeur les sonorités si prenantes du Piano Steinway D ; elle y déploie sa technique brillante, sa maîtrise à toute épreuve et sa maturité émotionnelle. Une valeur déjà sûre.

Édith Weber
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Cyprien KASTARIS, Sir Neville MARRINER Ludwig van BEETHOVEN : Concerto n°5... PIANO21 (www.cyprienkatsaris.net). 2019. P21/051-N. TT : 75’ 35.

Voici une intéressante confrontation : le Concerto n°5 « Emperor » (op. 73) de Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827) et — en premier enregistrement mondial — l’arrangement par Cyprien Katsaris pour piano solo (enregistré en 2013 sur un Grand Piano E-272 Steingraeber & Söhne). Elle s’ajoute aux nombreuses parutions prévues en 2020 pour le 250e anniversaire de la naissance du compositeur. La version originale pour piano et orchestre est placée sous la direction de Sir Neville Marriner (1924-2016) à la tête de l’Academy of St Martin in the Fields, orchestre prestigieux fondé en 1959. Cyprien Katsaris (né en 1951, pianiste lauréat de nombreuses distinctions internationales) — qui a beaucoup admiré l’enregistrement (vinyle) interprété par Vladimir Horowitz et le RCA Victor Symphony Orchestra dirigé par Fritz Reiner — rappelle qu’en tant que pianiste, il a « toujours ressenti une certaine frustration concernant le magnifique tutti introductif du premier mouvement, qui est l’apanage exclusif de l’orchestre », qu’il a déploré en conséquence « le fait de ne pas le retrouver dans le texte pianistique » et qu’il a « décidé de satisfaire un besoin (il est vrai, égoïste !), vieux de 55 ans, en effectuant cette transcription » (p. 13). Voici un défi visant à une autre approche de ce célèbre concerto permettant de revaloriser l’apport du pianiste.

Édith Weber
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Jean MULLER : MOZART Sonatas, Vol. 2. HÄNSSLER Classic (www.haensslerprofil.de). HC 19074. Distribution Laurent WORMS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). TT : 68’ 28.

La mode est actuellement aux Intégrales (BACH, BUXTEHUDE, orgue ; HAYDN, piano. Voici W. A. MOZART par le pianiste Jean Muller, qui a sélectionné les Sonates K. 311, K. 282, K. 279 et K. 284.
La Sonate en majeur (K. 311), composée en 1777 à Mannheim, est tripartite : 1. Allegro con spirito avec des thèmes chantants passant d’une main à l’autre, un mouvement lent central Andante con espressivo et un Presto, genre de rondo plus original, annonçant quelque peu Schubert.
La Sonate en Mi b majeur (K. 282) a été composée pendant un voyage à Munich, à l’automne 1774. Elle comprend un Adagio sombre, faisant preuve d’ingéniosité ; les Menuetto I (Si b majeur) et II (Mi b majeur) ; l’Allegro final est très redevable à Joseph Haydn, avec des rythmes marqués, de nombreuses doubles croches.
La Sonate en Ut majeur (K. 279), écrite en 1774 à Salzbourg, comporte 3 mouvements : 1. Allegro, caractérisé par un motif avec basse d’Alberti et un grand mouvement descendant de la main gauche ; 2. Andante en Fa majeur, avec des arpèges modulants, des triolets assez mystérieux, 3. Allegro conclusif, un peu ironique, suivi d’un Fugato.
Enfin, la Sonate munichoise enmajeur (K. 284), datant de 1775, dédiée à son commanditaire : le Baron Thaddäus Wolfgang von Dürnitz, est plus exigeante. Elle est structurée en 3 mouvements : Allegro ; Rondeau en polonaise : Andante en La majeur avec 2 thèmes contrastants ; Thema con [12] variazioni nécessitant une grande maîtrise pianistique, avec basse d’Alberti en doubles croches, octaves brisées, arpèges, tierces…
Jean Muller, pianiste précoce, formé au Conservatoire de Luxembourg, puis par de nombreux maîtres à Bruxelles, titulaire de très nombreux Prix internationaux, a précédemment réalisé une Intégrale des Sonates de Beethoven. Professeur de piano dans le même Conservatoire, il se produit dans de nombreuses salles prestigieuses à travers le monde. Dans le 2e volume de cette Intégrale, le pianiste virtuose fait montre des mêmes qualités, conciliant dextérité la plus vive, musicalité la plus haute et une élégance des phrasés qui le font survoler ces pages du jeune Mozart avec grâce et recul. Époustouflant.
Édith Weber
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Patrick LOISELEUR : APORIE. TRITON (www.disques-triton.com ). TRIHORT 570. 2019. TT : 57’ 16.

Patrick Loiseleur, à la fois ingénieur de recherche, compositeur au rayonnement international et chroniqueur de radio, a collaboré avec Marie Olivon (piano), Sabine Revault d’Allones (soprano) et L’Oiseleur des Longchamps (baryton) pour réaliser ce CD. Le mot aporie évoque une « difficulté à résoudre un problème ». En fait, dans le cas présent, il s’agit d’un élément de sa vie privée « avec une conclusion tragico-comique », selon ses propres termes. À défaut de mots, d’amour et d’espoir : il reste toujours la musique. Une quinzaine de textes allant du XVIe siècle : Philippe Desportes (1546-1606) et Louise Labé (v. 1524-1566) jusqu’à Guillaume Apollinaire (1880-1918 — dont les 6 À la Santé évoquent la célèbre prison —) et Marguerite Yourcenar (1903-1987) ont été mis en musique.
Le langage de Patrick Loiseleur excède l’univers tonal en exploitant des accords de 5, 6 et 7 sons ; le musicien spécule sur la dialectique consonance/dissonance et joue de l’opposition entre tonalité et atonalité. Les 17 « stations » jalonnant son errance personnelle sont aussi saisissantes que déroutantes. Aporie appartient à cette production artistique déconcertante et difficilement catégorisable. Les émotions charriées par le duo vocal abondent, par défaut et excès d’une retenue conventionnelle ; l’auditeur est ballotté d’une référence à une autre. Entre-deux tragicomique que l’Oiseleur des Longchamps achève par Do-Ré-Mi-Fa-Sol-La-Si-Do, en voix de fausset… Pour le moins original.

Édith Weber
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Artur CIESLAK : Selected Works. ACTE PRÉALABLE (www.acteprealable.com ). AP 0456. 2019. TT : 59’ 23.

Artur CIESLAK (né en 1968 à Szrzecin) est un pianiste formé notamment à l’Académie Chopin de Varsovie, Docteur en composition de l’Université Chopin de cette ville. Ce disque réunit des pages pour piano seul (et pour la main gauche), violoncelle seul, violoncelle et piano et enfin trio (clarinette, violoncelle et piano). Dans son Choral Prélude pour piano (1999), le compositeur, d’emblée, use des résonances et des demi-tons, en un langage très personnel. À remarquer ses trois œuvres pour la main gauche : Grotesque (2008-9…, 4e version) où il met en valeur percussivité et accentuation ; Épigramme (2009), de la même veine, à l’écriture très allusive ; sa Sonate pour piano n°1 Post-Neo (2013, révisé 2014), exploitant les contrastes entre traits incisifs et longues tenues d’accords recherchés. Cadence pour violoncelle (2004) et Cellophony (2014, rév. 2017) démontrent sa connaissance intime de l’instrument et la pleine exploitation de ses capacités expressives. Au programme, figurent encore Understatements (Sous-estimations) pour violoncelle et piano (2006, rév. 2007) ainsi que le riche Trio pour clarinette, violoncelle et piano (2018, 1ère version). Pas moins de 3 pianistes : A. Lewicka-Capiga, M. Palkaj et D. Maciaszczyk ; 2 violoncellistes : N. Weslowska et Kl. Swidrow ; et 1 clarinettiste : B. Jakubowski se sont mis au service de cette musique qui interpellera les mélomanes.

Édith Weber
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Hommage à Patrick BOCHERENS. VDE GALLO (www.vdegallo.com ). CD 1573. 2019. TT : 47’ 07.

Les universitaires offrent à leurs collègues partant à la retraite des Mélanges (Birthday Offering, Festschrift) ; les musiciens réalisent un Hommage (post mortem) pour les compositeurs avec des extraits de leurs œuvres. Le Label VDE GALLO, toujours soucieux de promouvoir le patrimoine musical suisse en particulier, fait revivre la mémoire de Patrick BOCHERENS, né en 1957 et mort en 2013. Il a conjugué les activités de compositeur, d’enseignant, d’accordéoniste virtuose, également de guitariste, pianiste, théoricien, chef de chœur, doté de l’oreille absolue et d’une excellente mémoire.
70 choristes motivés et engagés appartenant au Chœur mixte de Carrouge (Canton de Vaud), fondé en 1950, placés sous la direction de Gérard Morier-Genoud et des instrumentistes triés sur le volet (piano, violons, flûte, percussion) donnent un éloquent aperçu de sa production. Ses sources d’inspiration procèdent de la musique populaire : française (Noël provençal ; Chant des Cigales ; La Révolution française…) et suisse (Mon pays de Fribourg) ; ou encore d’un état d’esprit (« Être ou paraître »). Les 19 plages comportent des pièces brèves et originales, extraites du Chant des Cigales ; La Vie de château ; La Vieille ; La Ballade imaginaire. À noter : Partir, suivre un nouveau chemin et changer d’horizon pour l’inconnu… (plage 7) qui fait dialoguer voix féminines et masculines.
Son affirmation : « La création musicale est exigeante, mais ce qui compte c’est de rester authentique » est valable pour cette personnalité suisse hors du commun, prématurément disparue. Grâce à cet émouvant hommage, son « œuvre » le suivra.
Édith Weber
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Philippe HERSANT : 34 Duos. TRIHORT (www.disques-triton.com ). TRIHORT 566. 2019. TT : 69’ 26.

Né le 21 juin 1948 à Rome, Philippe HERSANT a étudié la composition au CNSM avec André Jolivet. Il a séjourné à la Casa Velasquez, puis à la Villa Médicis et a été résident au CRR de Boulogne-Billancourt. Il est titulaire de 9 Grands Prix et de nombreuses autres distinctions. Il a composé plus de 150 œuvres pour des formations très variées. Ce disque révèle 34 Duos pour violon et violoncelle, piano à 4 mains, 2 violes de gambe, alto et basson, violoncelle et accordéon, 2 violoncelles, clarinette et piano, avec le concours d’interprètes très motivés. Dans ces œuvres, il jongle habilement avec les timbres et les sonorités. Il en résulte un paysage timbrique particulièrement original et exceptionnel, dont la révélation revient au Label TRITON.
À remarquer, en première mondiale, les 11 Haïkus, pages brèves sur le thème de l’évanescence ou de caractère descriptif (libellule, rossignol, automne, hiver) ou encore lyrique (amour, rêve). La pièce la plus ancienne : L’oiseau de la nasse : Un oiseau crie/Le bruit de l’eau noircit/Autour de la nasse, est dédiée à Henri Dutilleux (1916-2013). Philippe HERSANT convie les mélomanes à la Taïga sibérienne, au Japon : La Souris et le Koto (cithare japonaise d’origine chinoise permettant de modifier la hauteur des sons), notamment à Kyoto. Il exploite des sons multiphoniques, des trémolos entre grave et aigu, un folklore imaginaire.
Révélation de morceaux rares et mise en valeur des talents multiples de Philippe HERSANT. Inouï et époustouflant.

Édith Weber

Lucien DUROSOIR (1878-1955) : Dejanira. CASCAVELLE. VEL 1568. (www.vdegallo.com ). 2019. TT : 57’ 12.

Pendant la Première Guerre Mondiale, la musique n’était absente ni dans les tranchées, ni à l’arrière au repos. Il ressort de sa correspondance que Lucien DUROSOIR avait sollicité l’envoi de partitions pour les Poilus et même constitué un quatuor avec Henri Lemoine (2d violon), André Caplet (alto) et Maurice Maréchal (violoncelle). Né à Boulogne-sur-Seine en 1878 et mort à Bélus en 1955, dès son jeune âge, il pratique le violon et, à 19 ans, figure parmi les premiers violons de l’Orchestre Colonne. Compositeur, il privilégiera les instruments à cordes et déploiera une grande activité créatrice entre 1927 et 1937.
Le titre Dejanira se réfère aux Trachiniennes de Sophocle (-495;-406). Il s’en inspire en 1923 pour son Étude symphonique, spéculant sur les différents timbres de l’orchestre symphonique. Grâce, brio, allégresse mais aussi éclat et mystère alternent dans cette Étude qui a valeur de légende. Elle est interprétée par le Taurida International Orchestra sous la baguette énergique de Mikhail Golikov, alors que l’Adagio pour cordes (1921), page très expressive, mélancolique, avec chromatismes, ostinato au violoncelle et un lento plaintif, est rendu avec sensibilité par les Salzburg Chamber Soloists.
Pour son Poème pour violon et alto avec accompagnement d’orchestre (datant de 1920), au langage harmonique si luxuriant, L. DUROSOIR s’inspire du Centaure de Maurice de Guérin (1810-1839). Sa Suite pour flûte et petit orchestre, dernière œuvre pour orchestre (1931), se présente comme une synthèse esthétique. L’apport des cordes est plus modeste qu’à l’accoutumée, et il fait appel à la virtuosité de la flûte soliste (Varvara Vorobeva) surtout dans l’aigu. L’œuvre, d’une grande richesse d’écriture, est structurée en 4 mouvements : Prologue impressionniste ; Divertissement très découpé, dans lequel alternent tendre jubilation et discours plus affirmatif ; Chant Élégiaque où bois et cuivres se compénètrent en une élégante et profuse nostalgie ; enfin, le bref Épilogue redonne la primeur à la flûte qui finit par dompter l’agressivité de l’orchestre.
Dans le livret quadrilingue — ce qui est rare — (français, anglais, allemand et russe), Georgie Durosoir propose une présentation circonstanciée de ce musicien représentatif de l’école orchestrale française du début du XXe siècle, dont l’œuvre attachante mérite amplement d’être plus largement diffusée.

Édith Weber
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

 

WAGNER-TARNOWSKI-STOJOWSKI-MORAWSKI : Quatuors à cordes. ACTE PRÉALABLE. (www.acteprealable.com ). AP 0459. 2019. TT : 65’.

Encore un premier enregistrement mondial à l’actif du Label polonais et de son directeur artistique, Jan A. Jarnicki, découvreur débordant d’enthousiasme qui réunit trois compositeurs polonais et un allemand : Richard WAGNER (1813-1883) avec un Quartet Mouvement (restitué par Gerald Abraham), vibrant de sensibilité ; le Comte Wladyslaw TARNOWSKI (alias Ernest Bulawa, de son nom de plume, né à Wroblewice en 1836-mort à San Francisco en 1878), pianiste et poète polonais, avec son Quatuor en Ré Majeur : Allegretto – Adagio molto – Menuetto — Finale-Scherzo ; le pianiste et compositeur Zygmunt STOJOWSKI (né à Strzelce en 1870-mort à New York en 1946), avec ses attachantes Variations et Fugue (op. 6) ; Eugeniusz MORAWSKI (né à Varsovie en 1876-mort dans cette ville en 1948) — tombé dans l’oubli —, avec son éloquent Quatuor à cordes tripartite : Andante Notturno, Andante-La preghiera (La Prière) et Moderato. Il levare del sole (Le lever du soleil – inspiré d’une peinture bucolique). Grzegory Witek (2d violon), Beata Raszewska (alto), Lukasz Tudzierz (violoncelle) appartenant au « Four Strings Quartett » (1er violon : Lucyna Fiedukiewicz), ainsi qu’au « Tono Quartet » (1er violon : Nikola Frankiewicz) font chanter ces pages expressives : à apprécier dans leur diversité.

Édith Weber
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

 

August REINHARD : Chamber Music and Sonatines. Vol. 5. VDE GALLO (www.vdegallo.com ). Coll. Référence Harmonium. CD 1569-70. 2019. 2 CD. TT : 61’ 18 ; 73’ 01.

La Collection « Référence Harmonium » réhabilite la « pompe à cantiques » de jadis, devenue — grâce à la facture Mustel, avec Alphonse Mustel (1873-1936), aidé par son père Auguste puis son fils Charles, qui ont développé l’« orgue expressif » inventé en 1842 par A.-Fr. Debain ainsi que le typophone (célesta) — un véritable instrument de concert.
Le compositeur allemand August REINHARD, né à Ballenstedt (dans le Harz) en 1831, mort dans sa ville natale en 1912, a été au service de la Cour du Duc d’Anhalt-Bernburg et du Comte de Wittgenstein. Il s’est consacré à la composition et à la promotion de l’harmonium, convenant parfaitement à la musique concertante et assumant à la fois le rôle du piano et du violoncelle. Joris Verdin (né en 1952), organiste, compositeur et pédagogue belge, a retenu le MUSTEL Harmonium d’Art (version sophistiquée 1922) pour les Trios et Sonates (CD I-II) et le MUSTEL Orgue-Célesta 1900 pour les Sonatines (CD II).
Le CD I permet de découvrir 3 Trios pour violoncelle, harmonium et piano : en Fa majeur (op. 28), fa mineur (op. 30) et Sol majeur (op. 46), avec le concours de J. Verdin (harmonium), Marie-Noëlle Bette (Piano Steinway 1875) et Tine Van Parys (violoncelle). D’emblée, le gain timbral opéré par l’harmonium au sein du trio saute à l’oreille, la prévention contre l’instrument désuet disparaît et l’onctuosité sonore joue en sa faveur. Le CD II offre 2 Sonates pour harmonium et piano (op. 84 et 85), assez développées, en Do majeur et mineur, tripartites avec mouvement central lent et méditatif, de facture classique, évoluant dans une atmosphère romantique ; les 3 Sonatines illustrent les possibilités et timbres variés de l’Orgue-Célesta à 2 claviers (le premier correspondant à l’harmonium ; le second au célesta), avec accouplement et de nombreux registres, par exemple : harpe éolienne, cor anglais, percussion ; fifre, hautbois, musette, voix céleste (en fait, comme à l’orgue). Joris Verdin exploite au maximum les timbres de l’instrument de sa collection personnelle.
Les organologues apprécieront ces 3 instruments historiques ; les discophiles cette intéressante réhabilitation de l’harmonium en tant qu’instrument de concert.
Édith Weber
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BERLIOZ : Enregistrements inoubliables. Unforgettable Recordings. Beecham/Martinon/Monteux/Münch/Scherchen. CASCAVELLE (www.vdegallo.com ). VEL 1590. 2019. 11 CD.

Pour les 150 ans de la mort du musicien, l’objet discographique en question est exceptionnel : il réunit non seulement l’essentiel de l’œuvre berliozienne, mais encore interprétée par des solistes incontournables, des orchestres prestigieux dirigés par des grands maîtres. Par exemple : l’Enfance du Christ (Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. A. Cluytens) ; la Damnation de Faust (London Symphony Orchestra, dir. P. MONTEUX ; deux enregistrements historiques live de la Symphonie Fantastique (1960 : Boston Symphony Orchestra, dir. Ch. MÜNCH ; 1962 : Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, dir. P. MONTEUX) ; le Requiem (Orchestre du Théâtre National de l’Opéra de Paris, dir. H. SCHERCHEN ; extraits des Troyens à Carthage (Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. H. SCHERCHEN…) ; Te Deum (Royal Philharmonic Orchestra, dir. Th. Beecham).
Le livret bilingue (français, anglais) détaille la programmation de chaque CD, puis Laurent Worms dresse un bilan éloquent de l’engagement des chefs pour la diffusion du compositeur romantique longtemps dédaigné dans son propre pays, parmi lesquels Pierre Monteux (1875-1964), Charles Münch (1891-1968), Sir Thomas Beecham (1879-1961), Hermann Scherchen (1891-1966), André Cluytens (1905-1967), Herbert von Karajan (1908-1989), Philippe Entremont (né en 1934)…, ainsi que des interprètes phares : Suzanne Danco (soprano), Régine Crespin (soprano), Jean Giraudeau (ténor), Michel Roux (baryton)…
Un document historique du plus grand intérêt, à verser à l’histoire de mentalités et des sensibilités. Une somme de talents au service d’un génie créateur français controversé enfin en voie de complète réhabilitation. Indispensable.
Édith Weber
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Robert SCHUMANN : Myrten (op. 25). ACTE PRÉALABLE (www.acteprealable.com ). AP 0455. 2019. TT : 50’ 59.

Très différent du Voyage d’Hiver ou de La Belle Meunière, le Cycle de mélodies Myrte (fleur) se présente comme un dialogue reflétant les étapes de la vie conjugale avec ses hauts et ses bas. Pour ces 26 miniatures de son opus 25, Robert SCHUMANN (1810-1856) emprunte des textes allemands au poète Friedrich RÜCKERT (1788-1866) notamment pour la Dédicace et la conclusion.
Parmi les sources littéraires, figurent des lettres de R. Schumann à Clara (Wieck), des lettres de Goethe à Marianne von Willemer, dévoilant les sentiments de l’amant et de sa bien-aimée. Le compositeur exploite également des poèmes en langues étrangères : anglaise de Robert Burns (1757-1796) adapté en allemand par Wilhelm Gerhard par exemple Hochländisches Wiegenlied (Berceuse) ; de Thomas Moore (1779-1852) : Lied vénitien (1et 2) ; des chants hébraïques de Lord Byron (1788-1824) adaptés en allemand par Theodor Körner : Mein Herz ist schwer (Mon cœur est lourd)… L’atmosphère du Cantique des Cantiques est rendue avec Du bist wie eine Blume (Tu es comme une fleur) de R. Schumann et Heinrich Heine (1797-1856), en étroite liaison avec le titre du Cycle.
Sylwia Burnicka-Kalischewska (soprano) et Michal Landowski (piano) font revivre intensément les situations émotionnelles si différentes de ce Cycle exceptionnel. De plus, elle a rédigé le remarquable texte de présentation. À ces divers titres, ils méritent aussi des fleurs…
Édith Weber
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

 

Les vacances zones ABC (et les Dom Tom et la Corse aussi)  (Rit Qui Qui) / DSY-L’Autre Distribution, 12 € 99. A partir de 6 ans.

Voilà un disque qui n’engendre pas la mélancolie ! Il n’est pas si fréquent de trouver une telle qualité musicale dans un album destiné véritablement aux enfants… mais qui enchantera aussi certainement leurs parents. Parcourant un peu tous les styles, les sept musiciens confirmés passent sans difficulté, comme en s’amusant, du jazz et des musiques des caraïbes au funk du désopilant Super flemmard sans oublier la complainte du Programmateur et la triste histoire de Médusa… Mais c’est chaque titre qu’il faudrait commenter ! Pour en savoir plus et découvrir le côté visuel de cette joyeuse bande, vous pouvez la retrouver sur leur site http://www.ritquiqui.dsyparis.com/ et leur chaine YouTube. Comment ne pas être d’accord avec Télérama qui vient de leur décerner ses ffff !


Daniel Blackstone

BEETHOVEN : Symphonies 6/8. WIENER SYMPHONIKER. Distribution : Laurent Worms (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). WS016. 2019. TT : 65’ 22.

Dans le cadre de l’Intégrale discographique des Symphonies de Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827), la Sixième et la Huitième viennent de paraître en mai 2019, en enregistrement « live » par l’Orchestre Symphonique de Vienne (Wiener Symphoniker). Son directeur (jusqu’en 2020) Philippe Jordan (né en 1974 à Zurich) est le fils du chef d’orchestre bien connu, Armin Jordan. Il a étudié au Conservatoire de Zurich, été maître de chapelle du Théâtre d’Ulm, dirigé en Suisse romande, à Hambourg, Berlin, Londres, Rome et aux Etats-Unis… Il est également directeur musical de l’Opéra National de Paris depuis 2009. Le dernier volume avec la Neuvième Symphonie doit sortir encore fin 2019, en prélude aux deux concerts des Wiener Philharmoniker qui seront donnés à la Philharmonie de Paris le 18 janvier 2020 avec, au programme, les Symphonies 5 et 6, la Messe en Ut, Ah perfidoFantaisie pour piano, chœur et orchestre : événement à suivre impérativement.

Concerto grosso : un émigré aux Îles britanniques. MUSO (www.muso.com ). MU 030. 2019. TT : 63’ 56.

Ce titre quelque peu énigmatique appelle des précisions : le Concerto grosso connaît — au début du XVIIIe siècle — une grande vogue en Angleterre et en Irlande (loin de la concurrence entre la musique italienne et française). L’émigré en question n’est autre que Francesco SCARLATTI — à ne pas confondre avec son frère aîné Alessandro (1660-1749). Né en 1666, à Palerme, mort à Dublin en 1741), il a séjourné à Londres et Dublin. 

Jean-Nicolas DIATKINE : SCHUBERT : Quatre Impromptus, op. 142 – BRAHMS : Sonate n°3, op. 5 Distribution : Laurent WORMS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). PARNASSE Éditions. PAR 75. TT : 76’ 42.

Jean-Nicolas Diatkine se considère comme un « pianiste humaniste » menant de front son perfectionnement artistique et les valeurs essentielles humanistes qui président à sa vocation de médecin. Il a commencé l’apprentissage du piano à l’âge de 6 ans, puis bénéficiera des conseils d’éminents musiciens. Depuis 1999, il se produit comme concertiste en Belgique et en France, par exemple dans le Cycle « Autour du piano ». 

Franz SCHUBERT : Violon Sonatas op. 137. MUSO (www.muso.mu ). mu-029. Diffusion : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . 2019. TT : 68’ 15.

Stéphanie Paulet a retenu un violon David Teccler (1737), et Daniel Isoir un piano Schott (1835) pour redonner vie à 3 Sonates de Franz SCHUBERT (1797-1828). Datant de 1816, ses œuvres de jeunesse se détachent de l’influence de W. A. Mozart, leur langage harmonique se fait plus audacieux, tout en respectant la structure quadripartite (cf. J. Haydn) traditionnelle de la forme ; elles opposent mouvements rapides et lents, avec un Menuet dans la Sonate en sol mineur (D. 408). L’atmosphère quelque peu romantique et viennoise de ces pages composées à l’âge de 19 ans laisse pressentir ses talents novateurs de composition. En outre, la Sonate en la mineur (D. 835) annonce déjà son esthétique dixneuvièmiste. L’intérêt de ce disque est encore rehaussé par les Treize Variations sur un thème en la mineur d’Anselm Huttenbrenner (D. 576) dans lesquelles il exploite les divers registres d’un instrument presque contemporain de leur date de composition. La violoniste Stéphanie Paulet — formée au CNSMDP —, 1er violon de l’Insula Orchestra (dir. : Laurence Équilbey), encourage l’usage des instruments historiques ; Daniel Isoir, passionné par le pianoforte et les œuvres classiques et romantiques, a étudié en France et à Hambourg auprès des meilleurs maîtres. Ils conjuguent leurs talents au service du jeune Franz Schubert.

Airs à 4 parties du Sieur DASSOUCY. HORTUS (www.editionshortus.com ). HORTUS 169. 2019. TT : 66’ 35.

Une découverte et une première mondiale : après avoir été retrouvés en parties séparées, voici les Airs (1653) du Sieur Charles COYPEAU D’ASSOUCY (1605-1677), poète lyrique, compositeur, luthiste et théorbiste virtuose, ami de Cyrano de Bergerac et de Molière. Marco Horvat — musicien polyvalent spécialisé en chant, théorbe, guitare, vièle… — les restitue avec le concours de l’Ensemble Faenza qu’il a fondé en 1998, avec voix (soprano, mezzo-soprano, ténor, basse) et instruments (flûte, violon, violes, basse de viole, théorbe). Il leur tient à cœur de pratiquer à juste titre le « chant auto-accompagné » traditionnel.

Isabelle et Florence Lafitte : Essaimer… aux confluences des mondes. SOUPIR ÉDITIONS. S248. Distribution : Laurent Worms (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). 2018. TT : 63’ 28.

Le Duo Lafitte, composé des sœurs pianistes Florence et Isabelle Lafitte, propose, selon leurs propres termes, « un programme musical où l’histoire du monde s’écoute des sources aux estuaires, ouvrant sur l’océan bigarré des influences et des héritages ». Il s’agit d’arrangements d’œuvres orchestrales ou vocales appartenant à « la mémoire collective du monde », avec des extraits, entre autres, de Shéhérazade (N. Rimsky-Korsakov), La Flûte enchantée (W. A. Mozart), la Symphonie du Nouveau Monde (A. Dvorak), Souvenirs de Rio et Libertadora n°5 (D. Milhaud) ; plus proches de nous, d’Astor Piazzolla (1921-1992), avec des arrangements bien connus de Milonga del Angel et Libertango et celui d’Isabelle Lafitte de la chanson : Le Jazz et la Java (Cl. Nougaro/J. Datin). Émotions transmuées en énergie ouvrant des mondes les uns aux autres (selon les deux pianistes) dans ce petit tour du monde à l’instrument-monde…
Édith Weber