Entouré de trois de ses collègues, Eichin Chijiiwa, violon, Delphine Biron, violoncelle et Marie Poulanges, alto, il donna un ensemble de transcriptions pour quatuor de deux des opéras de Mozart, La Flûte enchantée et Don Giovanni, fort bien réalisé par Yohann Wendt. Et sa façon de raconter le déroulement de l'action dans ces œuvres lyriques fut irrésistible, de même que la manière avec laquelle il enchaîna son discours et son interprétation, n'hésitant pas à chanter au milieu des pièces, à soupirer avec Papageno, à crier face au commandeur, à hurler avec Leporello… Bref une prestation des plus brillantes, alors qu'on imagine la difficulté, pour un artiste, de passer ainsi des paroles à l'acte si je puis dire. C'est vrai que cela a donné pour la flûte, par rapport aux autres instruments, une certaine « homogénéité » dans les nuances, mais que  nous vous avons vite pardonnée, Monsieur Prats. C'est toujours un vrai bonheur de rencontrer des artistes qui gardent humour et humilité. Quant au cadre, finalement très proche de la capitale, il est vraiment splendide : c'est à espérer que les concerts dans cette orangerie seront plus nombreux et soutenus par les pouvoirs publics.

 

Philippe Moran